Pourtant, c’est précisément un arbre que nous retrouvons dans les pages de ce Ralliement : celui planté à Sentheim par l’aumônerie, comme un signe d’espérance. Le geste est simple, mais l’image est belle. Planter un arbre, c’est accepter de travailler pour un avenir que l’on ne maîtrise pas. C’est prendre soin aujourd’hui de ce qui grandira demain.
Peut-être est-ce aussi une manière de dire ce que signifie faire Église.
Les pages régionales de ce numéro nous en donnent plusieurs illustrations. Accompagner celles et ceux qui se préparent au mariage, s’interroger sur les outils que notre Église met à leur disposition, soutenir des actions de mission et de solidarité au-delà de nos frontières, proposer aux adultes des lieux de formation théologique et spirituelle : derrière la diversité des sujets apparaît une même conviction. Notre foi n’est pas destinée à rester enfermée dans nos temples, nos habitudes ou nos certitudes. Elle nous invite à rencontrer, à questionner, à apprendre et à agir.
Cela suppose parfois aussi de savoir nous interroger sur nos pratiques. Une Église vivante n’est sans doute pas celle qui possède toutes les réponses, mais celle qui accepte encore de se poser des questions : sur ce qu’elle transmet, sur la manière dont elle accueille, sur les mots qu’elle emploie et sur sa capacité à entendre celles et ceux auxquels elle s’adresse. Se former, débattre, parfois même protester – le mot nous va plutôt bien ! –, c’est aussi refuser que nos habitudes deviennent des évidences.
Le dossier national nous emmène quant à lui plus au nord, à la découverte de ce que signifie être protestant en Norvège. Une autre histoire, une autre société, d’autres manières de vivre l’Église. Ce détour est éclairant : regarder comment d’autres vivent leur foi nous permet souvent d’interroger la nôtre. Il nous rappelle surtout qu’il n’existe pas une seule manière, immuable, d’être protestant.
Planter, accompagner, questionner, soutenir, apprendre, découvrir… Les verbes ne manquent finalement pas dans ce numéro. Ils ont en commun d’être des verbes d’action. Car l’espérance chrétienne n’est pas seulement l’attente de jours meilleurs. Elle nous met en mouvement.
Comme l’arbre de Sentheim, elle nous invite à prendre racine pour mieux grandir et, peut-être, offrir un jour un peu d’ombre et d’abri à ceux qui passeront après nous.
