Des limites, dès la première lettre

Le premier mot de la Bible s’écrit en hébreu « béréchit » et se lit de droite à gauche...

 

Le son « b », comme en français, marque la seconde lettre de l’alphabet (beth) car, dit-on, la Bible ne pouvait commencer par la première (aleph), par déférence à Dieu.  

 

Outre ce premier symbole, le beth initial représente également en hébreu une maison, comme un abri dans lequel l’humain peut se poser. De nombreux commentaires signalent la force de cette lettre, dans la description de sa forme. Une sorte de mur vertical à sa droite, empêche celui qui l’habite de revenir en arrière ; l’avenir est devant soi, vers la gauche. Un sol permet à l’être humain de ne pas tomber – ou de ne pas être traité plus bas que terre. Un toit protège la maison et prévient toute velléité humaine de se prendre pour Dieu ou pour plus grand que soi.  

 

Appelé à partir vers l’avant, l’être humain va rencontrer la lettre rech qui se présente comme un monticule à escalader, symbole des épreuves à surmonter. En les franchissant, il devra compter sur la présence de la troisième lettre, cet aleph qui marque la présence divine et son accompagnement.  

 

Ainsi est résumée la mission de l’être humain, qui devra reconnaître pour sa vie les trois limites fondamentales du temps (ne pas revenir en arrière), de la dignité (ne pas être plus bas que terre) et de l’humilité (ne pas se prendre pour Dieu). C’est à cette condition qu’il pourra dans un second temps aller de l’avant et affronter l’existence avec le soutien de la présence divine, afin de devenir lui-même créateur de possible dans sa vie.  

 

Il aura fallu à la Bible trois petites lettres pour dire l’essentiel. Il faudra souvent à l’homme des années pour s’en rendre compte et pour apprendre à discerner dans ces trois limites le cadre nécessaire pour vivre et participer à la Création.  

 

 

 

 

 

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