Quand oui, c’est non quand-même

Imperceptiblement, notre société opère une mutation éthique. Tant en termes de droit que de rapports humains, elle raffole aujourd’hui de la notion de consentement après avoir été fondée sur l’abus.

C’est que le respect de la loi était le premier socle fédérateur social. La loi régissait les rapports entre les gens, en analysant et en punissant les situations d’abus : abus sexuel, abus de pouvoir, abus financier, abus d’alcool… toute la législation édicte les normes de ce qui est acceptable et les limites à ne pas dépasser. Dans cet esprit, non, c’est non.

 

 

Reprendre goût à la réalité

 

Mais ce faisant, la mentalité française a cadré les initiatives, empilé les définitions, juxtaposé les directives, incitant presque le peuple à contourner l’obstacle. Et si non, c’était oui quand-même ?…

 

On discerne la fausseté du processus : à vouloir trop caractériser et régir, on attire le faux-fuyant, l’évanescent, la critique. Parce qu’au bout d’un moment, la ligne directrice se perd et l’on tombe dans un magma de morale et d’éthique où nul ne sait se retrouver sans une solide boussole.

 

C’est alors qu’il faut redonner sens à la réalité : la question n’est pas celle du oui et du non. Oui, c’est non quand-même. On le voit dans les rapports homme/femme, avec cette notion de consentement. Les pressions extérieures transforment rapidement un non en oui. Un peu de jeunesse et d’inexpérience, une relation de subordination ou un brin de charisme y suffisent.

 

 

Porter le souci du singulier

 

Ce que la société traque aujourd’hui à l’heure des MeToo, de l’intelligence artificielle, des outrages de réseaux dits « sociaux » ou de l’euthanasie, c’est le respect du consentement, non plus celui de la loi. Et le consentement est une notion indéfinissable, car elle touche l’intime, la spiritualité. Par exemple en cas de violence, la sidération de la victime rend impossible son consentement car l’intégrité intérieure est atteinte. En cas de souffrance, le consentement personnel à la vie est faussé par une douleur qui coupe la personne de la libre appréciation de son environnement : la souffrance recentre sur soi-même.

 

Peut-on dès lors fonder la loi d’un peuple sur des notions définies pour tous, alors-même qu’elles touchent avant tout à l’intime, au spirituel, au singulier, à l’altérité ?

 

La Torah et ses multiples règles personnelles, spirituelles et sociales montre bien que c’est possible, mais à la condition qu’il y ait un guide suprême pour re-susciter le sens des choses et le souffle de la vie. Ce guide n’est ni l’État ni le peuple ; il se dévoile à Pâques.

 

 

 

 

 

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