Et de fait, nos cultes sont au service d’un seul sens : l’ouïe. L’ouïe tournée vers l’écoute de la Parole et de l’enseignement prodigué. Mais quid des autres sens durant nos célébrations ?
La vue : effectivement, pas grand-chose à voir dans nos temples ou salles de culte. Nous commençons tout doucement à comprendre que l’environnement visuel de nos cultes peut avoir un intérêt, peut donner envie de pousser la porte, inciter à la prière ou simplement donner l’occasion de se sentir bien.
Le toucher : le Covid a eu raison des contacts interpersonnels. Bises et poignées de mains ne sont plus automatiques. Le seul contact physique que nous avons durant le culte est parfois le banc sur lequel nous sommes assis. Un contact assez raide. De plus en plus de communautés décident d’investir leurs lieux de façon plus accueillante, en particulier au niveau de l’assise, coussins et canapés faisant, ici ou là, leur apparition.
L’odorat : ne me vient en mémoire qu’un souvenir mettant en avant ce sens : l’odeur des lys posés sur la chaire à l’occasion d’obsèques. Il faut supporter l’odeur des lys, forte et incommodante dans un espace fermé…
Le goût : c’est peut-être, avec l’ouïe, le sens le plus sollicité durant le culte, si tant est que la cène y soit célébrée. J’ai connu des lieux où l’on faisait attention à la qualité des produits destinés à ce sacrement et d’autres où du pain rassis et de la mauvaise piquette faisaient amplement l’affaire, quitte à manquer de s’étouffer.
Peut-être est-il temps de mettre nos sens en éveil, tous nos sens en éveil. La foi n’est pas que pur intellectualisme, elle emplit notre personne et tout ce qui la compose est digne d’intérêt, est digne d’être considéré.
