Droits des femmes : Célébrer le 8 mars à l’ONU !

Valérie Duval-Poujol a participé à la CSW 67 - la 67e session de la « Commission de la condition de la femme » des Nations unies qui s'est tenue à New York du 6 au 13 mars. Elle décrit ce rassemblement important.

Cette rencontre annuelle réunit les acteurs et actrices du monde entier qui œuvrent pour plus d’égalité entre les femmes et les hommes. Quelle émotion de célébrer le 8 mars, journée mondiale des droits des femmes, à l’ONU, avec les délégations officielles de 193 pays et les représentantes de plus de 700 ONG ! En tout, quelque 5 000 femmes de tous âges, tous pays, toutes confessions étaient réunies pour deux semaines de réflexion, de débats, d’échanges et de réseautage. En plus des réunions officielles, des centaines d’événements parallèles étaient proposés par les ONG. Le thème de la rencontre CSW pour cette année ? « L’éducation à l’innovation et au changement technologique à l’ère du numérique. Progrès vers l’égalité des sexes. »

 

Valérie Duval-Poujol entourée de femmes baptistes de New York, pour une information sur l’association Une place pour elles (© DR)

 

 

 

Souffrance et courage

 

Deux observations de fond, deux tendances globales :

 

– la souffrance des femmes à travers le monde dans beaucoup de contextes. De nombreuses réunions décrivaient la douleur et la souffrance de nos sœurs en humanité dans de nombreux pays : mariages forcés (au Nigeria, en Égypte, au Pakistan), mariage d’enfants (même aux États-Unis !), violence domestique en augmentation, harcèlement, analphabétisme, pauvreté… Lors de certaines séances, les larmes coulaient dans l’assistance, comme lors de cette rencontre avec des femmes ukrainiennes qui avaient enduré la prison russe et la torture ;

 

– la formidable énergie de ces milliers de femmes qui veulent changer le monde. C’était tellement encourageant de voir et d’entendre leur détermination, leur créativité, leur solidarité pour faire face à tous ces défis ! Et rencontrer autant de femmes à des postes de direction, que ce soit politiquement, économiquement ou à la tête de grandes ONG était un puissant encouragement. Durant cette semaine, les réunions étaient animées par des femmes, les panélistes étaient des femmes et les questions du public venaient de femmes formidables ! Parlementaires, ministres, cheffes d’entreprise, dirigeantes : toutes des femmes en situation de leadership, de responsabilité.

 

 

Quelques chiffres

 

Au cours d’une telle semaine, on engrange beaucoup de nouvelles informations. Voici quelques-unes des statistiques notées, en relation avec le sujet de la CSW 67 :- si nous continuons sur le même rythme, il faudra encore 300 ans pour atteindre la pleine égalité entre les hommes et les femmes !- 90 % des emplois contiennent une dimension numérique (en découle la nécessité d’avoir accès à l’éducation numérique pour décrocher un emploi et ne pas être en reste, ce qui demeure le cas de nombreuses filles) ;- en 2025, 75 % des emplois seront liés aux STEM (en français : science, technologie, ingénierie, mathématiques), or les filles y sont bien moins représentées ; par exemple dans l’industrie des technologies, le ratio est de deux hommes pour une femme ;- 37 % des filles n’ont pas accès à Internet (Internet signifiant pourtant information, accès aux services, à l’emploi…). Les hommes sont 20 % plus susceptibles d’avoir accès à Internet que les femmes ;- les femmes ont 27 risques supplémentaires d’être attaquées en ligne avec des discours de haine ;- 3 % des prix Nobel de la science ont été remportés par des femmes (un signe que les STEM sont encore très masculins) ;- 383 millions de filles et de femmes vivent dans la pauvreté.

 

Une place et des places pour elles

 

La fracture numérique et technique est le nouveau visage de l’inégalité entre les sexes.Nous avons besoin (au moins !) de deux améliorations : l’accès aux technologies pour toutes les femmes et les filles et l’accès des filles et des femmes à la conception des futures technologies, principalement créées par des hommes en ce moment. Nous façonnons nos outils et ensuite ils nous façonnent. Les technologies représentent donc un grand potentiel mais aussi un grand risque de reproduire les stéréotypes de genre.Personnellement, j’ai pu présenter à plusieurs reprises Une place pour elles, l’association de sensibilisation contre les violences conjugales que je préside, en particulier dans le cadre du forum des ONG de la CSW 67, en collaboration avec l’Alliance évangélique mondiale et l’Alliance baptiste mondiale : « Violence contre les femmes : la technologie comme aide pour lutter contre ou comme source de plus de violence ? »

 

Être présent·e·s

 

La CSW à l’ONU, ce sont aussi des rencontres que je n’oublierai pas : cette femme soldat ukrainienne, cette Sud-Africaine survivante d’une agression et devenue chirurgienne, vêtue d’une incroyable robe de soirée pour la journée du 8 mars, la femme aumônier baptiste à la chapelle de l’ONU, qui a eu un accident dramatique et ne peut maintenant parler qu’en chuchotant, mais partage toujours la Parole si puissamment… Les rassemblements comme la CSW et d’autres réunions de l’ONU publient des documents importants qui influencent nos pays ; il importe donc de comprendre comment cela fonctionne et que des chrétien·ne·s y soient présents. J’ai rencontré plusieurs représentants aux Nations unies des grandes unions d’Églises et nous devons prier pour leur engagement à être la voix des chrétien·ne·s en ces lieux.

 

 

 

Pour s’informer en ligne

 

Valérie Duval-Poujol fait partie du Groupe Orsay (Femmes – Théologies – Sociétés), association membre de la FPF (contact : groupe.orsay.france@gmail.com). Par ailleurs, elle préside l’association Une place pour elles (site Web : uneplacepourelles.fr).

 

 

 

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