Les EEUdF se sont approprié cette dimension spirituelle qui est également portée par le projet éducatif : « Notre inspiration chrétienne repose en effet sur la conviction que la rencontre avec Jésus-Christ contribue à trouver un sens à sa vie2. »

La dimension spirituelle est essentielle pour les EEUdF (© EEUdF)
Quels outils pour la mise en place de la vie spirituelle au sein des EEUdF ?
Dans la pratique, nous distinguons deux types d’activités ayant pour but de permettre et de favoriser cette rencontre avec Jésus-Christ.
Le Mospi
Le Mospi (moment spirituel) est un temps pour offrir aux enfants un espace de réflexion et d’expression sur les questions spirituelles qu’elles et ils peuvent se poser. Cette activité prend, le plus souvent, la forme d’un jeu qui proposera à l’enfant de découvrir un texte biblique, d’entrer en discussion avec celui-ci, personnellement et avec les autres. Le Mospi a pour but de permettre la rencontre avec Jésus-Christ, que l’on soit en recherche, croyant ou non. Ce temps fait partie intégrante de la pédagogie des EEUdF et nous préconisons un minimum d’un Mospi par trimestre.
Le Molou
Le Molou (moment de louange) est un temps pour favoriser la rencontre avec Jésus-Christ. Il s’agit d’un temps confessionnel ouvert à tous, où la louange, la prière et la lecture de la Bible ont toute leur place. Il peut être à l’initiative tant de l’enfant que de l’adulte : il s’agit que l’enfant puisse s’approprier ce mode d’expression de la foi et en être acteur.
1 Organisation mondiale du mouvement scout, « La méthode scoute », 2019. En ligne : https://members.scout.org/sites/default/files/library_files/The%20Scout%20Method_FR_0.pdf, p. 9.
2 Éclaireurs et Éclaireuses unionistes de France, « Projet Éducatif ». En ligne : http://bibli.eeudf.org/wp-content/uploads/2013/01/Projet_educatif_EEUdF.pdf, p. 1.
Les enfants à la Cène ?
« Prenez, mangez et buvez-en tous, dit le célébrant, sauf les enfants. »
N’est-ce pas une règle humaine quelque peu contestable qui a exclu les enfants, sous prétexte que la Cène est une affaire sérieuse, un sacrement ?
Voici quelques arguments en faveur de l’inclusion : le corps du Christ au moment de la célébration du repas est bien constitué de tous les présents. Dans la dimension horizontale du repas, la communion entre les frères et sœurs en Christ ne peut se passer des enfants. En ce qui concerne la dimension verticale, je pense que les enfants ont naturellement la capacité à sentir la présence de Dieu. Bibliquement et théologiquement, rien ne s’oppose à la participation des enfants au repas du Seigneur.
Pourtant, je formulerais quelques réserves : manger pour manger n’a pas vraiment de sens, la table de communion n’ayant pas vocation à être une boulangerie à ciel ouvert… Mais au fond, est-ce si grave ? Le pain ne reste-t-il pas pain et le jus de raisin, jus de raisin ?
Craignons-nous que les enfants prennent la fâcheuse habitude de participer au repas du Seigneur, ou de participer sans l’avoir mérité (sans avoir suivi le catéchisme et tout compris sur le sens du repas) ? Ces arguments, je les ai utilisés en tant que pasteure débutante devant la horde d’enfants qui mangeaient le pain de manière gloutonne et désordonnée… Mais à la réflexion, il est probablement heureux de se détacher des réflexes identitaires protestants, où la Cène n’était accessible qu’après la confirmation à l’adolescence. Vu le petit nombre qui tient bon jusqu’à la confirmation, il est plutôt judicieux d’avoir le désir de l’inclusivité et du partage du repas dès le plus jeune âge.
Pour méditer sur le sujet, je vous transmets cette citation de Calvin sur la Cène, qui, selon lui, doit « inciter et enflammer à la charité, la paix et l’union ». La Cène, trait d’union entre générations ? Riche idée !
Corinne Gendreau
Pasteure à Bordeaux Nord-Ouest
