La Déclaration de Reuilly, reconnaissant l’accord fondamental sur les questions de foi entre les Églises luthéro-réformées de France et les Églises anglicanes, a été signée il y a vingt ans. Un des points d’achoppement est l’interchangeabilité des ministères.
Cependant les choses évoluent dans les Îles Britanniques, en particulier là où la préoccupation missionnaire prend le pas sur les crispations identitaires. En Irlande, un accord a pu être trouvé pour que les ministres des Églises méthodistes puissent servir dans l’Église anglicane et réciproquement. Cet accord est basé sur un choix de valoriser le modèle de l’Église primitive, avec ses structures souples et adaptables.

Célébration des 20 ans de la Déclaration de Reuilly (© Capture d’écran)
Répondre à certaines situations en France
Après la rencontre de Belfast en 2017, le comité de suivi a cherché des occasions de développer des ministères communs pour répondre aux besoins missionnaires en France et a discerné trois situations qui pouvaient se transformer en autant d’opportunités : les zones rurales où de nombreux Anglais retraités se sont installés ; les zones urbaines où l’Église anglicane n’a pas les moyens de financer un ministère à plein temps ; les lieux où les Églises luthériennes-réformées et anglicanes voisines collaborent déjà activement.
C’est ainsi que trois projets de ministères partagés sont apparus, avec la conviction qu’en trouvant des solutions pratiques pour les mettre en place, nous arriverons à faire bouger les Églises institutionnellement et théologiquement.
Mise en action
Un projet de poste commun est apparu à Lyon, où un ministre anglican pourrait occuper un poste pastoral de Lyon Rive Gauche pour 50 % de son temps, en développant en parallèle un projet d’évangélisation commun aux Églises EPUdF et anglicane à destination de populations anglophones de l’agglomération lyonnaise.
En Alsace, le poste de prêtre anglican à Strasbourg, actuellement à 60 %, pourrait être complété par un 40 % au service de l’UEPAL. Par ailleurs, l’année prochaine sera l’occasion d’explorer plus avant la possibilité d’une desserte partagée dans les Charentes, dans un cadre rural où un pasteur pourrait assurer un mi-temps pour les communautés réformées et un autre pour l’Église anglicane.
De belles perspectives !
