Mission de l’Aumônerie et ministères

Pour les trois ans à venir, notre Église est entrée dans un processus synodal dont le thème est la mission et les ministères. L’aumônerie des hôpitaux trouve toute sa place dans cette réflexion. Quelques pistes…  
Le jour de la visite par Jean Geoffroy
1989
©Wikipedia

L’aumônerie des hôpitaux peut donner du grain à moudre pour témoigner à partir de son expérience dans un univers fait parfois de frontières et bien souvent de ruptures. Qu’il s’agisse du ministère personnel de l’aumônier ou collectif des visiteurs et membres des commissions d’accompagnement, ce service d’Église relève de la mission de témoignage en paroles et en actes qui est confiée par le Seigneur à ses disciples.

 

Le nom commun aumônier/erie connaît une origine incertaine. Pour les uns, il pourrait provenir d’un mot dérivé du grec d’Église « elemosuné », qui indique le don fait aux pauvres. Pour d’autres, il trouverait son origine dans le nom de la déesse Alemona. Selon Tertullien, cette divinité du panthéon romain avait pour fonction de nourrir le fœtus. Ces étymologies se réfèrent donc à la notion de don.

 

 

 

Une compétence reconnue

 

Depuis le Moyen Âge où elle était une sorte d’hôtellerie réservée aux pauvres, jusqu’à la séparation des Cultes et de l’État, l’aumônerie n’a cessé d’évoluer. Depuis quelques décennies, elle s’est renouvelée dans sa fonction et élargie aux différents cultes qui n’étaient pas présents en 1905. L’aumônier est à ce jour en France le seul ministre d’Église reconnu et porté par l’État. De manière implicite, la société civile accorde ainsi une compétence aux aumôneries dans le domaine du soin. Elle reconnaît une place à sa mission qui, par l’écoute et l’accompagnement de la personne hospitalisée, obéit certes à un appel religieux, mais en même temps rend un service en humanité.

 

Si les auteurs du Nouveau testament décrivent des formes de ministères personnels et reconnus nommés « diaconoi, presbyteroi ou episcopoi », on ne trouve aucune trace d’un ministère d’aumônier. Le terme n’a donc aucun caractère scripturaire et pourrait même avoir une origine mythologique.

 

 

 

Une visitation

 

Cependant, même si le ministère d’aumônier n’est pas attesté dans la Bible, sa fonction n’en est pas moins évangélique. L’aumônier se trouve à la croisée des chemins de la diaconie et de la prédication. D’ailleurs dans certaines Églises, il peut être un pasteur ou un diacre. Les Églises réformées ont toujours mis l’accent sur le caractère évolutif des ministères reconnus. En rupture avec la tradition catholique héritée de l’Église primitive, Calvin ajoutait un ministère personnel de docteur (enseignant) à côté de ceux de pasteur, d’ancien et de diacre.

 

L’aumônerie relève bien d’un des lieux où peut se vivre la mission confiée par le Christ à ses disciples. Elle est au croisement de la diaconie, c’est-à-dire du service des plus pauvres, et de la prédication de la bonne nouvelle. Portée par l’aumônier et les auxiliaires bénévoles, elle est ainsi un lieu de témoignage dans l’annonce d’un Dieu qui s’approche et nous visite. La rencontre entre visiteurs et patients peut parfois devenir une visitation et constitue, le temps d’une écoute et d’un accompagnement, la présence réelle d’un Autre.

 

Vincent Eyraud
Aumônier des hôpitaux publics de Marseille

 

 

 

 

 

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