Comme toutes les Églises, les Églises évangéliques ont leur origine auprès des apôtres. Des figures remarquables jalonnent leur histoire comme Valdo, WYcliff, Savonarole, Hus. Elles sont marquées par la Réforme du XVIe siècle. La Confession de Schleitheim de 1527 proclame que le baptême ne peut concerner que le croyant ; elle interdit l’usage de l’épée, la pratique de la guerre ou du serment, sépare ces Églises des autres, multitudinistes catholiques ou protestantes. Aujourd’hui, les évangéliques seraient 700 millions dans le monde, surtout nombreux en Asie et en Afrique. Ils sont environ 1,1 million avec plus de 2 600 lieux de culte en France. Une majorité de ces Églises appartient soit au Cnef (Conseil national des évangéliques de France) pour 70 %, soit à la FPF (Fédération protestante de France) pour 20 %, soit à ces deux organisations.
La foi évangélique est caractérisée par le caractère normatif de la Bible révélée par le Saint-Esprit, par la nécessité d’une conversion personnelle, par l’universalité du message de l’Évangile. La confession de foi de l’Alliance évangélique mondiale est affirmée par 600 millions de personnes. On peut distinguer trois « tempéraments » de chrétiens évangéliques : les « intellectualistes », pour qui le Credo est central et qui sont attachés à la lecture des Écritures ; les « enthousiastes », émotionnels insistant sur les dons de l’Esprit et apparus en plusieurs vagues (pentecôtistes au début du XXe siècle, charismatiques entre 1950 et 1990, néo-pentecôtistes depuis 1994) ; les « actifs », qui préfèrent des structures ecclésiales souples (Églises de maison) et qui utilisent beaucoup les réseaux sociaux.
L’Église locale est le lieu d’insertion fondamental géré par un conseil d’anciens dans un système presbytéro-congrégationaliste. Les Églises locales peuvent être regroupées dans une « dénomination évangélique » – ce qui est très peu contraignant pour le fonctionnement de la communauté – et adhérer par celle-ci au Cnef ou à la FPF. Les dénominations fonctionnent avec des chartes et prévoient des visites fraternelles par les instances nationales. Les pasteurs ou les laïcs sont formés dans des écoles pastorales ou des instituts de théologie comme ceux de Vaux-sur-Seine, de Collonges-sous-Salève ou d’Aix-en-Provence, ou par accompagnement sur le terrain d’un pasteur plus ancien. En France, les pasteurs sont reconnus par les assemblées générales statutaires des Églises locales.
Une Église évangélique ne doit pas être confondue avec une secte. Si le fondateur prétend avoir retrouvé le paradis perdu, connaître la date du retour du Christ, se réfère à des rites secrets, se prétend dépositaire de la Vérité ou vous conseille d’arrêter vos médicaments, inquiétez-vous !
En cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, Jean-René Bruandet nous a rappelé cette belle devise œcuménique attribuée à Meldenius, théologien luthérien du XVIIe siècle : « In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas », c’est-à-dire : « Dans les choses nécessaires, l’unité ; dans les choses douteuses, la liberté ; dans toutes choses, la charité. »
© M. F. Muller
Jean-René Bruandet, délégué Cnef du Doubs
