Toujours plus… de sapin et de folie ! © Peter Bryan/Unsplash
Commençons par l’épineuse question du sapin de Noël. Faut-il renoncer à cette tradition pour des raisons écologiques ? « à Noël, le problème ce n’est pas le sapin », nous répond d’emblée Corinne Bitaud, chargée de mission écologie et justice climatique de l’Église protestante unie de France. « Il a un impact très faible par rapport à d’autres choses que l’on fait ce jour-là. On peut en acheter un en pot. Et l’impact d’un arbre coupé est relativement limité, car c’est une culture peu gourmande en intrants. En revanche, l’impact du sapin en plastique n’est pas bon, sauf si on le conserve plus de vingt ans. »
C’est quand on se rapproche de la table que les choses se compliquent… Corinne Bitaud interroge : « Est-ce que le cœur de la fête est la quantité de victuailles ? » Elle nous rappelle que l’alimentation est le deuxième poste d’émissions de gaz à effet de serre après les transports. Sans forcément renoncer aux viandes, ne pouvons-nous pas mettre les légumes à l’honneur ? Et le foie gras ? « Il nécessite de rendre malades des animaux, en gavant des canards et des oies », regrette Corinne Bitaud…
Cadeaux de Noël : moins, mais mieux ?
Le lendemain du réveillon, au petit matin, le sapin de Noël se retrouve souvent planté sur une véritable montagne de paquets. Car chacun veut faire un cadeau à tout le monde. « Pour limiter le nombre de cadeaux, il est possible de se regrouper à plusieurs pour faire un cadeau peut-être plus utile et ciblé, suggère Corinne Bitaud. Une autre stratégie consiste à se répartir les cadeaux, par tirage au sort, pour que chacun fasse un cadeau à une seule personne. » Il y a la quantité des cadeaux, mais aussi la qualité… « Mieux vaut choisir des choses utiles que des gadgets produits en Chine et arrivant en avion, poursuit Corine Bitaud. Et pourquoi ne pas choisir des cadeaux de seconde main ou reconditionnés ? Un jouet en bois plutôt qu’un jouet en plastique ? Un cadeau fait maison ? » Un Noël plus écologique passera aussi par moins d’emballages. Et la solution peut alors être l’utilisation de sacs en tissu que l’on ressortira l’année suivante.
Noël solidaire
Vivre Noël autrement, c’est aussi le vivre de manière plus solidaire. La veille ou le jour de Noël est peut être une bonne occasion d’inviter une personne seule, isolée. Autre possibilité : participer à une collecte de cadeaux pour les plus démunis ou à un repas de Noël organisé pour ceux qui n’ont pas la chance d’être entourés par leur famille ce jour-là.
Un Noël plus écologique et plus solidaire prend sa source dans un Noël plus spirituel. Et cela demande du temps, le temps de l’Avent qui nous prépare à accueillir la Bonne Nouvelle de la naissance de Jésus-Christ. Mais que faire, le jour de Noël, quand tous les membres de la famille ne sont pas sur la même longueur d’onde spirituelle ? « Il est important d’être bien au clair avec ses propres besoins », conseille Agnès-Marie Rive, pasteure de l’Église protestante unie de Sète et Bassin de Thau. « à Noël, nous ne sommes pas obligés de faire tout comme les autres. » Certains iront donc au culte, d’autres non. C’est la liberté de chacun.
