Ce qu’il reste de nous, de Cherien Dabis

D’origine palestino-jordanienne, la réalisatrice, scénariste et actrice de ce film est née et a grandi dans l’Ohio. C’est le long traumatisme vécu par son père, un Palestinien exilé, qui lui fait proposer ici une fresque bouleversante, mêlant histoire et intime.

Elle dépeint, depuis le désastre de l’exode de 1948 – la Nakba – jusqu’à aujourdhui, la vie quotidienne dévastée de trois générations d’une famille palestinienne, interprétées de façon émouvante par une dynastie d’acteurs remarquables, les Bakri. Cette saga symbolise dans la durée les blessures et les espoirs du peuple palestinien dont près d’un million des membres ont été déplacés ou expulsés par les milices paramilitaires sionistes. Le film insiste sur quatre périodes : 1948, 1978, 1988, 2022 – pour raconter l’épopée de la famille Hammad qui se bat pour survivre et préserver sa dignité. En 1948, Sharif vit avec les siens dans une belle maison à Jaffa, au sein d’une orangeraie. Lorsque les bombardements et les expulsions se rapprochent, ils sont contraints de se séparer, puis se retrouvent dans un camp de réfugiés à Naplouse. En 1978, Salim, le fils de Sharif, est devenu instituteur. Un jour, des soldats israéliens lhumilient devant son fils Noor. Cet incident ignoble éloigne l’enfant de son père et nourrit sa révolte. L’épisode de 1988 cristallise la souffrance et la colère de cette famille emblématique: au cours d’une manifestation, Noor reçoit une balle dans la tête et doit être conduit dans un hôpital israélien. Enfin, dans les années 2020, Salim et Hanan, qui vivent au Canada, reviennent à Jaffa pour voir ce qui reste de la maison de leurs parents. La force du film réside dans l’empathie des images qui décrivent l’impact douloureux pour les Palestiniens de décennies d’oppression et la dignité de leur résistance à l’occupant. Mais il raconte aussi la résilience, la solidarité et l’altruisme qu’incarne le couple protagoniste. Des scènes réussies, chaleureuses et drôles sont de véritables bouffées d’oxygène qui émaillent cette tragédie: mariage traditionnel avec ses accents festifs, vitalité et rires des enfants de la classe de Salim, complicité et tendres échanges entre Noor et son « papi » devenu vieux. Et puis il y a ces merveilleuses oranges de Jaffa et l’humour délicieux et inoxydable de Sharif!

 

 

Cherien Dabis, Ce qu’il reste de nous, sortie le 11mars 2026, 2h25 

#Cinéma #Culture

Nos titres

Paroles protestantes Est-Montbéliard
Liens protestants
Ensemble
Paroles protestantes Paris
Échanges
Réveil
Le Cep
Le Ralliement

Le christianisme dans l'œil de la caméra. Bible, Eglises et cinéma

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Un jour avec mon père, Akinola Davies
Culture
Un jour avec mon père, Akinola Davies
« Je reviens d’un pays où la mort n’est pas une cloison à franchir mais un chemin à suivre. »
Fjord, prix du Jury œcuménique du Festival de Cannes 2026
Jury oecumenique au Festival de Cannes
Fjord, prix du Jury œcuménique du Festival de Cannes 2026
Quelques heures avant la cérémonie de clôture du Festival de Cannes, le jury œcuménique a décerné, samedi 23 mai 2026, son prix au long-métrage "Fjord" de Cristian Mungiu.
Cannes : le prix du jury œcuménique 2026
Cannes
Cannes : le prix du jury œcuménique 2026
Du 12 au 23 mai 2026 aura lieu la 79e édition du Festival de Cannes. L’un des films de la sélection officielle recevra un prix au regard particulier, celui du jury œcuménique.
Soumsoum, la nuit des astres
Cinéma
Soumsoum, la nuit des astres
Ce film déploie un conte fantastique d’initiation, à la fois minimaliste et profondément symbolique.
L’affaire Bojarski, Jean-Paul Salomé
Culture
L’affaire Bojarski, Jean-Paul Salomé
Drôle d’affaire, drôle de vie que celle du polonais Jan Bojarski, fabricant de faux papiers pour la bonne cause pendant la Seconde Guerre mondiale, et devenu par la suite un virtuose du faux billet, surnommé « le Cézanne de la fausse monnaie », au point que les « Bojarski » se vendent pour des sommes considérables aux enchères.
13e Festival de films « Regards œcuméniques »
Lyon
13e Festival de films « Regards œcuméniques »
La 13e édition du Festival de films "Regards œcuméniques" aura lieu les 17, 20 et 22 janvier 2026, à l'occasion de la semaine de prière pour l'unité des chrétien, au Cinéma Bellecombe à Lyon.
Le gâteau du président, Hasan Hadi
Cinéma
Le gâteau du président, Hasan Hadi
Caméra d’or à Cannes 2025, ce premier long-métrage est aussi le premier film sur la vie quotidienne dans la société irakienne des années 1990, asphyxiée par les sanctions financières internationales et une corruption généralisée.
Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson
Cinéma
Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson
Paul Thomas Anderson est un cinéaste hors normes qui se transforme et se réinvente d’un film à l’autre. Tout au plus retrouve-t-on certains thèmes, autour du couple, du pouvoir (politique et religieux) et un regard très critique sur la société américaine.  
Deux procureurs, Sergueï Loznitsa
Cinéma
Deux procureurs, Sergueï Loznitsa
Inspiré d’un texte de Demidov, un physicien relégué pendant quatorze ans au Goulag, ce récit tragique s’annonce par le carton « URSS 1937. Apogée de la terreur stalinienne ».