Festival de Cannes 2018

Ce thème, largement abordé au Festival cette année, souvent de manière dramatique, se retrouve en bonne place dans l'attribution du Prix œcuménique et dans les films primés par le jury du Festival. En voici quelques échos.

Nadine Labaki nous avait enchantés en 2011 avec Et maintenant on va où ? En Sélection officielle cette année, elle vient de recevoir le Prix œcuménique et le Prix du Jury pour Capharnaüm : un jeune garçon de 12 ans traîne ses parents en justice  – « pour m’avoir donné la vie », dit-il. Ils ont retransmis à leurs enfants la catastrophique éducation de la rue qu’ils avaient reçue. Film terrible sur la situation des enfants dans les bidonvilles du Liban, pays accueillant de très nombreux réfugiés malgré les conditions de vie difficiles de nombreux de ses ressortissants.

 

La vie de famille est-elle plus douce quand on peut choisir son entourage ? C’est ce que paraît soutenir Kore-Eda Hirokazu, couronné par la Palme d’Or, en peignant dans Une affaire de famille un foyer entièrement « adopté » – la grand-mère, les père et mère, une fille aînée et un jeune garçon – et qui, malgré son dénuement, recueille une petite fille battue et livrée à elle-même. Les larcins à l’étalage, pour survivre, sont vite pardonnés à cette famille presque de rêve, tant une affection réciproque les lie. On découvrira cependant des agissements inavouables.

 

Réalisateur de Todos lo saben (Tout le monde le sait), Asghar Farhadi (Prix œcuménique 2013 pour Le passé) a surpris les attentes. Ce film s’intéresse à la diffusion des rumeurs et ses conséquences. Au cours d’une soirée de mariage, la fille de Laura est enlevée contre une importante rançon. Ce thriller, qui finit bien pour la jeune fille, met à mal les liens familiaux déjà fortement fissurés par les secrets de chacun… que personne n’ignore.

 

Avec Les chatouilles, Andréa Bescond et Éric Metayer évoquent la pédophilie et la difficulté pour des parents de deviner la détresse de leur petite fille qui n’ose aborder le sujet.

 

Enfin, après un premier jugement sévère sur son père qu’il estime raté, Sinan, jeune étudiant de retour au village, finit par découvrir son attention affectueuse et la partager. Le poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan, bien qu’un peu long au début, est une merveille de délicatesse offrant une issue positive. Dans ce film, comme dans Girl de Lukas Dhont (avec Viktor Polster, Prix d’interprétation « Un certain regard ») et d’autres présentés cette année, les pères sont plus attentifs à leurs enfants que les mères, représentées comme immatures (Gueule d’ange de Vanessa Fiho), ou gardiennes de l’honneur familial au détriment des conséquences (Sofia de Meyriem Benm’ Barek).

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