De Gaulle

Il ne s’agit pas d’une biographie du Général, mais de la reconstitution du chaos politique et humain qui a imprégné les semaines de mai et juin 1940, jusqu’à l’instant clé de l’appel du 18 juin.

Le film a suscité des réactions variées. On a été ému par le récit familial, la présence de la jeune fille trisomique du couple de Gaulle, la fidélité historique… ou bien agacé par la simplicité des dialogues, le classicisme de la réalisation, l’incarnation de l’impossible personnage par Lambert Wilson. Le défi était de donner chair à celui qui n’est pas encore le De Gaulle de la suite de l’histoire. Pour l’heure, il n’est qu’un officier discret qui croit farouchement à la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et cherche les contours d’une nouvelle mission.

 

 

 

Que la ressemblance avec Lambert Wilson s’impose ou pas… importe peu. On sent vivre cet opiniâtre calé dans ses convictions intimes, catholique pratiquant, loyal, aimant avec ses proches et pudique en même temps. Le film s’attache moins à entrer dans la psychologie profonde du personnage qu’à saisir la beauté sans apprêt d’un engagement fidèle qui ne regarde pas à soi. Charles de Gaulle est presque seul face au président français bientôt démissionnaire. Et il est vraiment seul, ni arrogant, ni complexé, face à Churchill et au gouvernement britannique qui le raille. Il réussit pourtant à convaincre.

 

 

 

En France, il y a les huis clos hystériques d’un pouvoir en déroute et les campagnes magnifiques au creux desquelles les uns trouvent un répit et les autres la mort. Dans ce moment invraisemblable pour les autorités et le peuple français, Anne, la fillette handicapée, avec sa vulnérabilité, avec l’amour qu’on lui porte, la protection dont on l’entoure – cette « toute-petite », comme ils l’appellent, qui s’échappe au milieu des forces aveugles et qu’on craint d’avoir perdue – … figure la flamme minuscule de l’espérance. Son existence porte le militaire parti en grand secret, elle fait lien dans sa famille, elle est leur raison charnelle et symbolique de s’en sortir et de sauver la nation. « L’espérance a-t-elle disparu ? Non ! », assène le géant au micro de la BBC. On le comprend mieux…

 

Un film traditionnel sur un couple traditionnel et remarquable, déroulé avec une classe sobre.

 

 

 

 

 

Un film de Gabriel Le Bomin.

 

Sortie en salles : mars 2020, 1 h 45.

 

 

 

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