Disciples d’un nommé Vaudès, les vaudois constituent une minorité religieuse, née à Lyon au XIIe siècle. Remettant en cause plusieurs dogmes de l’Église catholique, ils furent chassés de Lyon en 1183 puis condamnés comme hérétiques en 1215.
Un peu d’histoire
Ils se sont alors dispersés, d’abord en France et en Italie, puis dans toute l’Europe. Leur foi est alors vécue dans la clandestinité et sous la menace de poursuites.
À partir de leur refuge alpin, une partie d’entre eux vinrent s’établir au XVe siècle en Provence et dans le comtat venaissin, à l’appel des seigneurs, sur des terres tombées en friche.
À la fin du XVe siècle l’archevêque d’Embrun, avec l’appui du parlement de Grenoble, lança une véritable croisade contre les vaudois et notamment les habitants des vallées de Freissinières, Vallouise et Pragelato.
Les vaudois n’eurent le choix qu’entre l’abjuration, la fuite ou la mort.
Certains émigrèrent à nouveau, notamment ceux de Freissinières qui partirent en 1488 s’installer à Cabrières-d’Aigues.
Soixante-quinze d’entre eux figurent sur l’acte d’habitation passé en 1495 avec le seigneur de La Tour-d’Aigues, Raymond d’Agoult.
Les origines du sentier
Ces colons fuient la persécution : on peut en déduire que, dans leurs déplacements, ils vont rechercher des lieux sûrs, voyager en toute discrétion et cheminer sur des itinéraires où ils pourront trouver refuge et abri chez « ceux de leur secte ».
Cela les amène parfois à s’écarter de la voie de la vallée, la plus directe, en passant plus à l’ouest par les montagnes des Hautes-Alpes et de la Drôme provençale, où les protestants sont encore aujourd’hui en nombre. Les relations entre les vallées alpines et la Provence ont de tout temps été nombreuses. Cela a commencé au temps de l’Empire romain avec la Via Domitia, reliant la péninsule ibérique à l’Italie. La route suivait alors la vallée de la Durance, voie de pénétration en Provence lorsque l’on vient des Alpes et d’Italie par le col de Montgenèvre.
Les itinéraires empruntés, du Piémont et du Dauphiné au Luberon, par les vaudois, ont été patiemment retrouvé et mis en valeur. Ce sont les voies et lieux de passage qu’ils ont emprunté à l’occasion de leurs migrations comme lors de leurs déplacements ordinaires ou lors des persécutions de 1545.
Le projet
Organisé en une quinzaine d’étapes de quatre à cinq heures de marche, il traverse successivement le Champsaur, puis le Buëch, les vallées de la Méouge et du Jabron et, enfin, la Haute-Provence, régions imprégnées de culture protestante.
Le sentier part de Freissinières, situé dans le Briançonnais. De ce village partirent soixante-quinze vaudois qui allaient repeupler Cabrières d’Aigues.
Après une montée vers le hameau de Dormillouse, le sentier franchit le col d’Orcières pour basculer dans le Champsaur.
D’Orcières, le sentier suit le Drac jusqu’à Saint-Laurent-du-Cros, important centre du protestantisme dans le Champsaur, puis descend le long de la montagne de Charance, contourne Gap et plonge vers le sud et la montagne de Céüse.
Un autre itinéraire, encore à l’étude, traverserait le Dévoluy, évitant ainsi Gap, pour rejoindre Savournon et le Buëch.
Après le Dévoluy, place au Buëch, région de moyenne montagne aux paysages magnifiques, que le sentier traverse en passant par Trescléoux et Orpierre, fiefs historiques des protestants du Dauphiné ayant appartenu aux princes d’Orange.
Trescléoux, joliment situé au fond de la vallée, réchauffe ses habitants au soleil généreux des Hautes-Alpes tandis qu’Orpierre a conservé le cachet de ses vieilles maisons ayant appartenu aux riches familles protestantes du temps de sa prospérité.
N’hésitez plus, profitez des cartes jointes pour partir à la découverte de cette histoire peu connue, dans les pas des vaudois, et profitez de ces merveilleux paysages.
Pour plus de renseignements
LES ITINÉRAIRES BALISÉS



