La pastorale des retraités Drôme-Ardèche et alentours a accueilli Christian Bonnet et Marie-Hélène Leborgne pour aborder la question de la diaconie © Hervé Missemer
Une journée commencée par un temps de culte présidé par le pasteur Christian Bonnet, qui nous a interpellés à la manière du prophète Ésaïe, avant de nous entraîner dans le récit de l’histoire du Diaconat de Valence, né à la fin du XIXe siècle, à l’initiative de femmes protestantes mobilisées pour aider des familles en difficulté. L’important exode rural du début du XXe siècle et l’arrivée de nombreux réfugiés arméniens ont accru les engagements du Diaconat auxquels contribuait la paroisse par des collectes dédiées, une vente annuelle, l’engagement de bénévoles. Les activités se sont progressivement diversifiées : foyers pour jeunes hommes, jeunes filles, centre de vacances dans le Diois, cuisine qui sert de nombreux repas, maison pour personnes âgées, pour femmes en difficulté, accueil d’étrangers, accueil-santé… Un développement qui nécessite une professionnalisation et l’emploi de salariés, jusqu’à plus de 300 en 2025.
Mission du Diaconat
La compétence du Diaconat protestant est reconnue par l’État et se manifeste par l’encouragement à accueillir, au sein du Diaconat, des structures en difficulté comme l’Entraide de Montélimar et une association caritative de Nyons, et à mettre en place l’accueil des réfugiés ukrainiens. Le Diaconat de Valence est ainsi devenu « Diaconat protestant Drôme-Ardèche », soucieux de garder au bénévolat une place reconnue et de maintenir son enracinement dans le protestantisme.
Chargée de mission pour la diaconie
Marie-Hélène Leborgne a partagé avec nous le récit de son itinéraire personnel à la fois recherche spirituelle et engagements caritatifs en divers pays d’Afrique comme auprès de personnes en difficulté en France. C’est au poste de comptable qu’elle a été embauchée par notre Église régionale, charge assortie depuis un an à la mission de développer les liens entre les Entraides et les Églises locales, de manière à encourager et mettre en valeur la dimension diaconale de l’Église. Marie-Hélène a évoqué les Assises nationales de la FEP (Fédération de l’Entraide Protestante), qui se sont tenues à Angers les 3 et 4 octobre, « œil pour œil, don pour don, de la charité à la dignité », un temps de ressourcement par le partage d’expériences et initiatives diverses et de réflexions notamment théologiques.
Attention à l’autre
C’est ce dernier point qu’a développé pour nous, en une troisième étape de cette journée, Christian Bonnet, esquissant un « parcours théologique de l’engagement diaconal », à partir de travaux de la théologienne Isabelle Grellier et des écrits du philosophe Paul Ricœur ; depuis le pasteur Wilfred Monod, fondateur de la « fraternité des Veilleurs », jusqu’à aujourd’hui, en passant par des prises de conscience et déclarations d’Églises, il s’agit de développer « l’attention à l’autre », quel qu’il soit. L’amour premier de Dieu inspire la diaconie, indissociable de toute vie spirituelle.
