Entre catholicisme et Réforme

La Communion anglicane est composée de 41 Églises anglicanes autonomes à travers le monde. Elle se considère comme une Église catholique et réformée, catholique au sens d’universelle et non pas romaine.

L’Église d’Angleterre, point de départ de la Communion, a été profondément transformée par la Réforme du XVIe siècle, tout en conservant l’essentiel des structures catholiques : un épiscopat dans la succession historique, une liturgie allégée tout en restant développée.

 

Les principes de la Réforme sont introduits sous le règne d’Henri VIII qui a rompu tout lien avec le pape Clément VII. Par la suite, l’Église d’Angleterre hésite entre Réforme protestante et restauration catholique, ce qui entraîne des persécutions dans les deux camps. Pour mettre fin à ces turbulences, la Reine Élisabeth Ire, de confession protestante, souhaite une Église suffisamment large pour pouvoir accueillir tout le monde : c’est l’origine du caractère « mixte » de l’Église d’Angleterre ; cette recherche d’inclusivité traduisant un désir de tracer une voie médiane entre Genève et Rome.

 

Il en résulte une cohabitation dans l’Église d’Angleterre entre tendances plus nettement protestantes (dites « low church » ou évangéliques) et tendances plus catholicisantes (dites « high church » ou anglo-catholiques). Cette cohabitation a valu à l’Église d’Angleterre une diversité de richesses spirituelles et une ouverture d’esprit, mais aussi son lot de rivalités et de disputes.

 

 

 

La communion anglicane

 

La Communion anglicane à travers le monde est principalement le fruit de l’émigration des Anglais ou des missions d’évangélisation, notamment en Afrique. Cette Communion devient de plus en plus multiculturelle – et non plus uniquement anglophone. Et n’oublions pas qu’il existe une trentaine de paroisses anglicanes en France, rattachées au « Diocèse en Europe » de l’Église d’Angleterre.

 

Il n’est pas facile de maintenir l’unité de cet ensemble d’Églises autonomes. L’Archevêque de Canterbury préside, mais il ne gouverne pas. Son rôle et sa position ne doivent surtout pas être assimilés à une sorte de « papauté anglicane ». Les Églises anglicanes en Afrique ainsi que dans d’autres pays de l’hémisphère sud, souvent en pleine expansion, demeurent en général plus conservatrices que les Églises anglicanes dans les pays « occidentaux », ces dernières se montrant plus libérales sur les questions éthiques controversées comme le statut et la légitimité chrétienne de relations du même sexe.

 

L’Archevêque de Canterbury préside, mais il ne gouverne pas. Son rôle et sa position ne doivent surtout pas être assimilés à une sorte de « papauté anglicane ». (© Commons wikimedia)

 

 

 

À la naissance de l’œcuménisme

 

Du fait de leur caractère « mixte », catholique et protestant à la fois, les Églises anglicanes ont joué un grand rôle dans le mouvement œcuménique, considérant qu’elles forment un « pont » entre Églises catholiques et protestantes. L’œcuménisme anglican se poursuit tous azimuts : les discussions théologiques entre la Communion anglicane et l’Église catholique romaine ont constaté un large consensus. De même, les Églises anglicanes des Îles Britanniques coopèrent avec les Églises luthéro-réformées de France dans le cadre des Accords de Reuilly.

 

 

 

Préoccupée par la baisse constante de la pratique religieuse, l’Église d’Angleterre se transforme en Église de mission. Ces dernières années, un foisonnement d’initiatives diverses entraîne la création de communautés chrétiennes expérimentales en complément des structures paroissiales traditionnelles. Ces « fresh expressions of church » (nouvelles manières de faire Église) permettent d’entrer en contact avec des gens qui ne connaissent pas l’Évangile de Jésus-Christ ou qui ne se retrouvent pas dans l’Église institutionnelle.

 

L’autre grande nouveauté dans l’Église d’Angleterre (et bon nombre d’autres Églises de la Communion) est l’ordination de femmes prêtres (depuis 1994) et, depuis 2015, de femmes évêques. Refusé encore par une minorité de paroisses, ce développement a déjà effectué un changement radical dans le corps clérical de l’Église d’Angleterre.

 

Les anglicans ont toujours essayé de suivre une ligne de crête entre catholicisme et protestantisme et entre tradition et modernité. Cet exercice d’équilibriste ne devient pas plus facile avec le temps, mais est d’autant plus nécessaire dans des sociétés et dans un monde qui ont tendance à se déchirer toujours davantage.

 

 

 

 

 

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