La confiance, au cœur de la pédagogie scoute

Ayant grandi avec les Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France, louveteau puis éclaireur, Matthieu Vernet est aujourd’hui engagé dans le tout jeune mouvement des Éclaireuses et éclaireurs de la nature (EDLN), d’inspiration bouddhiste.

Est-ce que la confiance est une notion importante pour vous ?

 

Elle au cœur du projet éducatif de tous les mouvements de scoutisme, au cœur même du projet de Baden-Powell lorsqu’il crée le scoutisme. Chaque enfant porte en lui un potentiel, sur les plans physique, intellectuel, spirituel, créatif, qu’il s’agit de dévoiler, de faire grandir. Pour cela il faut pouvoir offrir un cadre où ce potentiel trouvera à s’exprimer, à s’expérimenter.

 

 

De quelle confiance parle-t-on ?

 

Le cadre que nous proposons s’articule autour de la confiance en soi, de la confiance dans les autres et de la confiance dans la vie. Pour moi, cela rejoint l’image du lys que Baden-Powell a prise comme symbole du scoutisme. Sur les cartes anciennes, le lys servait à indiquer le Nord. Le scoutisme doit donc être une école où l’enfant et le jeune apprennent à chercher leur chemin : concrètement, dans la nature, lors des explorations, et, surtout, métaphoriquement, dans leur propre vie.

 

Coopération, bienveillance et créativité, pour apprendre la confiance (© EEUdF Nice)

 

 

 

Comment est-elle mise en œuvre ?

 

Par de nombreux biais liés à la pédagogie scoute. Je dirais que toutes nos activités s’inscrivent dans un cadre de confiance. Elles ne prônent pas l’esprit de compétition, mais de coopération. Les adultes offrent un cadre bienveillant, où l’échec n’est pas considéré comme un problème, mais comme une invitation à réessayer, en empruntant une autre voie ou un autre moyen.

 

 

Comment s’articulent confiance et autonomie ?

 

Les enfants participent à l’élaboration du cadre dans lequel les activités se déroulent, en rédigeant une charte de vie commune au début de l’année ou du camp. Cela leur permet de comprendre ce cadre et de le vivre. Et la vie en équipes de cinq, six ou sept favorise la prise de responsabilités progressive par chacun, en fonction de ses capacités et de ses compétences. J’ai en tête plein d’exemples de moments où des enfants ont réussi des choses parce que les adultes leur faisaient confiance, leur confiaient des responsabilités, leur proposaient de prendre de l’autonomie, alors qu’eux-mêmes n’y croyaient pas !

 

 

Qui sont les Éclaireuses et éclaireurs de la nature ?

 

Tout a commencé en 2007 par une rencontre entre islam soufie et dharma bouddhiste à l’Institut Karma Ling, à Arvillard en Savoie. Au moment du repas, la discussion s’est orientée vers le scoutisme, en particulier avec l’un des fondateurs des scouts musulmans. Beaucoup de bouddhistes présents ont dit qu’ils avaient grandi dans un mouvement scout et ont pris conscience que toutes les grandes traditions religieuses en France avaient leur mouvement de scoutisme, sauf le bouddhisme.

 

 

Quand ce mouvement est-il né ?

 

En 2007, dans la foulée de cette rencontre. En dix ans, il a fallu tout construire : groupes et activités, formations de responsables, projet éducatif, outils pédagogiques, liens avec les partenaires et les services de l’État… C’est une aventure passionnante qui a obtenu sa reconnaissance l’année dernière, au terme de dix ans de maturation, et l’entrée des EDLN au sein de la Fédération du scoutisme français.

 

 

 

 

 

 

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