La place des Kanak et le destin commun

Le referendum qui va avoir lieu le 4 novembre 2018 en Nouvelle-Calédonie marque un des derniers gestes de décolonisation de la France. Quelles seront les interdépendances de demain ?

Dans cet archipel de 270 000 habitants, au cœur du Pacifique sud, les Kanak, peuple d’origine, sont aujourd’hui 100 000 ; les communautés européenne, wallisienne… constituent avec les Kanak la population calédonienne. Si le résultat du referendum donne une large majorité aux non-indépendantistes, quelle place sera faite aux Kanak, à l’identité et au patrimoine kanak ? Nier leur place particulière, leur place éminente, dans la Nouvelle-Calédonie de demain serait perpétuer les injustices vécues durant la colonisation : « le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière », dit joliment l’Accord de Nouméa (1998).

 

Convention de Pâques 2018 sur l’île de Lifou (© Nicol Morton)

 

 

 

Décolonisation sans indépendance ?

 

Pour la France, il s’agit de réussir son dernier acte de décolonisation. Dernier acte qui pourrait ne pas rimer avec pleine indépendance pour le territoire anciennement colonisé. Dans les cartons des ministères français et du Gouvernement calédonien se réfléchissent des schémas instituant un État calédonien associé à la France, ou une fédération au sein de la République française…

 

 

Calculer ses interdépendances…

 

L’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) est portée aujourd’hui par le thème « Concitoyens d’un pays nouveau » (Éphésiens 2.19). Elle souhaite encourager ses fidèles à préparer et à vivre la période référendaire qui s’ouvre « dans la responsabilité, le respect mutuel et dans la paix. Selon l’Église protestante, ce referendum engage le peuple de Dieu à être responsable, digne et ouvert pour que le choix soit un acte de construction, quel qu’en soit le résultat. »

 

« La souveraineté, c’est le droit de choisir ses partenaires, écrivait Jean-Marie Tjibaou, pour un petit pays comme le nôtre, l’indépendance c’est de bien calculer les interdépendances. » Tout est dit par celui qui, avec Jacques Lafleur et leur célèbre poignée de main, est devenu la référence kanak dans le processus de décolonisation que vit la Nouvelle-Calédonie depuis 30 ans.

 

 

 

 

 

 

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