Le grand Kiff, un souffle nouveau

Le Grand Kiff 2009 a été le point de départ d’une dynamique jeunesse de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Marc Schaefer, ancien secrétaire national des réseaux jeunesse de l’EPUdF, nous en brosse ici les principaux ressorts.

Le Grand Kiff n’est que la partie émergée d’un iceberg qui ne fond pas, mais qui se renforce au fil des éditions à condition peut-être que chaque communauté locale joue le jeu d’inviter, d’accompagner, d’envoyer des jeunes vivre ce rassemblement ou s’investir dans l’encadrement. Avec ces expériences, les jeunes découvrent et redécouvrent la pertinence de l’Écriture. L’Église leur donne l’occasion d’exprimer leurs questionnements, leurs convictions et donne une place claire à leur engagement. Les jeunes ne sont pas dans l’Église pour être les bras qui déplacent les chaises, tables ou bancs. Les jeunes ne sont pas l’Église de demain, mais ils sont l’Église d’aujourd’hui : témoins pour et avec tous les âges.

 

Un événement qui rassemble

 

L’aventure commence à Lyon en 2009, il y a dix ans. Les pilotes n’imaginent pas encore qu’ils ont lancé l’édition « pilote » d’un rassemblement jeunesse de notre Église.

 

En 2005, notre Église avait organisé un colloque jeunesse qui avait conclu : « Pourquoi ne pas avoir un événement national jeunesse qui rassemblerait toutes les régions, œuvres et mouvements de notre Église ? ». Le Conseil national s’en saisira pour construire le rendez-vous 2009 avec les associations proches de l’Église comme les Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France ou des organismes comme le service mission Défap. Tous les acteurs jeunesse de notre Église, des responsables d’œuvres ou de mouvements proches vont ainsi se mobiliser pour faire vivre un temps fort de cinq jours avec un rendez-vous qui s’annonçait comme unique. Bible, diaconie, louange, dimension œcuménique, rencontre internationale, tout ce qui va faire de chaque Grand Kiff un événement unique est déjà là.

 

L’Église va également découvrir que l’essentiel n’est pas que dans l’événement des cinq jours. Il y a l’avant et l’après. La mobilisation en amont de ce rendez-vous a été unique. Cahier préparatoire, création artistique des groupes de jeunes, camps… L’après-événement a également entraîné l’Église sur de nouveaux chemins. Des groupes renaissent ici et là, des jeunes reviennent hyper motivés avec l’envie de s’investir, de partager ce vécu dans leur paroisse, des contacts sont pris avec des œuvres et mouvements de et proches de l’Église. Ainsi dès 2009, mais aussi en 2010, les synodes régionaux réclament une nouvelle édition et l’Église emboîte le pas en organisant un synode national en 2011 sur la jeunesse. Ce synode décide de pérenniser le rassemblement national jeunesse. Une vraie dynamique est ainsi lancée, portée par, des acteurs de l’animation jeunesse.

 

Et des jeunes qui s’engagent

 

Reste à construire rapidement l’édition 2013 qui confirme que la durée de vie maximum d’un groupe de jeunes étant de 3 à 4 ans, il faut garder ce rythme pour les rendez-vous Grand Kiff afin de mobiliser, redonner du souffle localement et régionalement. Avec ces premières éditions, des jeunes vont commencer à faire des études de théologie et citer le Grand Kiff comme point de départ de leur appel au ministère. D’autres vont s’engager dans des équipes régionales jeunesse, dans des groupes de jeunes, mais aussi dans des mouvements. Certains vont partir comme envoyés du Défap ou faire un service civique avec l’une ou l’autre des associations présentes. Dans la dynamique des thèses 2017, l’Église a donné la parole aux participants du Grand Kiff en envoyant deux jeunes faire un tour de France des paroisses durant l’année scolaire 2015-2016 pour promouvoir l’engagement. Un camp de quinze jours pour les 18-30 ans a également été organisé avec l’expérience du premier Alter Kiff 2016 *, au service du Grand Kiff.

 

Le leitmotiv des équipes successives et particulièrement de celle qui a coordonné l’édition de Saint-Malo en 2016 est simple et devrait être celui de toute l’Église : rendre les jeunes encore plus acteurs, les écouter, leur faire confiance en leur donnant des responsabilités.

 

* Alter Kiff : camp pour les 18-30 ans en parallèle du Grand Kiff pour préparer et animer.

 

L’Église kiffe les jeunes

 

© EPUdF/LGK

 

 

 

 

 

 

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