Alternance difficile
Quelques paroisses tentent une alternance de chants nouveaux et de chorals classiques, mais le résultat occasionne souvent des réflexions mitigées. Quels ressorts poussent donc les assemblées à moderniser la musique des cultes : un jeunisme cherchant à attirer les adolescents ? La musique n’est pas le lieu pour accueillir ou rattraper par le chant ceux qui ne se sentent pas spécialement concernés par les autres aspects du culte.
Un équilibre à trois pieds
La musique est vibration, émotion, harmonie. Par elle le fidèle peut donc vivre trois dimensions de la foi : le sentiment de communauté, la proximité à son Dieu et la profondeur spirituelle intérieure. Ces trois dimensions sont inséparables et vécues dans les chorals depuis l’aube de la Réforme. Or la société évolue et peut aussi accéder à d’autres rythmes, d’autres paroles, d’autres harmonies ; à condition que les chants nouveaux intègrent cet équilibre.
Le hiatus actuel vient essentiellement d’un accent principal mis sur le rythme pour accentuer la vibration, et donc l’émotion, au détriment des paroles et de la ligne harmonique. Corneille ou Clément Marot ont une capacité d’évocation qui incitait au transport spirituel. La recherche harmonique de Bach favorise l’intériorité. Or les talents actuels ne manquent pas.
Peut-être peut-on rêver qu’un jour, poètes, compositeurs et liturges s’asseyent autour d’une table pour se mettre à l’ouvrage au service des enfants de Dieu ? L’Église est communauté intergénérationnelle, elle est proximité à Dieu, elle est prière intérieure.
