Une conquête récente pour tous

Si les vacances existent depuis l’Antiquité romaine, ce n’est qu’au fil des siècles qu’elles se généralisent pour devenir au XXe siècle une réalité pour tous.

Ne rien faire (farniente en italien) et fuir l’agitation de la ville pendant l’été n’est pas une chose nouvelle. Les nobles romains, à l’instar de l’empereur Hadrien, s’échappaient de la torpeur et de la pestilence de la capitale pendant les jours les plus chauds de l’année. Dans toute l’Europe, les nobles, mais aussi les évêques, continueront pendant des siècles à posséder des résidences d’été, au vert, à la recherche d’un peu de fraîcheur et d’air pur.

 

 

Mais, au cours du Moyen Âge, l’Église instaure également des jours fériés pour des raisons religieuses ; à tel point que les jours chômés étaient parfois plus nombreux que les jours travaillés ! Parallèlement, le développement des pèlerinages pousse un grand nombre d’Européens à entreprendre de longs voyages. Dans le même temps, les saisons dictaient leur rythme et les étudiants, par exemple, « bénéficiaient » de vacances pour pouvoir aller prêter main-forte aux moissons.

 

 

Du Grand Tour aux bains de Deauville

 

Pendant la Renaissance, les pèlerinages vont perdre de leur attrait. Mais, la redécouverte de l’Antiquité va également favoriser l’émergence d’un nouveau type de voyages : celui du « Tour » en Italie, ou du « Grand Tour », en Europe voire en Orient, auxquels les jeunes gens de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie vont se livrer jusqu’au XIXe siècle, tels Montaigne, Goethe, Lord Byron ou Stendhal…

 

 

Au XVIIIe siècle, naît en Grande-Bretagne une nouvelle forme de tourisme. Tourisme thermal et balnéaire se développent, d’abord de l’autre côté de la Manche puis sur le continent européen, avec des villes aux noms évocateurs : Bath en Angleterre ou Spa en Belgique. En France, ce tourisme connaît un véritable essor pendant le XIXe siècle et favorise l’émergence de villes comme Biarritz, Nice, Deauville… En Allemagne, le nombre de villes comportant « Bad » (bain) dans leur nom, donne également une idée de cet engouement ! Dans la même période, le Genevois Horace-Bénédict de Saussure atteint le sommet du mont Blanc. Il donne ainsi, en 1788, le coup d’envoi au tourisme alpin.

 

 

Vers des vacances pour tous

 

Si l’air pur de la montagne et le bienfait des eaux enchantaient la haute société, ils ont également développé un tourisme lié à des questions sanitaires ou médicales. En 1841, Thomas Cook crée la première agence de voyages après avoir emmené plus de 500 personnes de Leicester à Loughborough, dans le cadre d’un séjour organisé par des sociétés de tempérance. En 1876, le pasteur Hermann Walter Bion emmène 60 enfants des quartiers défavorisés de Zürich dans ce qui est considéré comme la première colonie de vacances.

 

Au cours du XIXe siècle, le développement du chemin de fer va favoriser l’essor du tourisme, puis dès les premières années du XXe siècle, c’est la naissance de l’automobile qui va prendre le relais. Même si les vacances restent l’affaire d’une minorité fortunée, le Guide rouge Michelin, connaît un premier tirage à 15 000 exemplaires, dès sa parution en 1900 !

 

 

En Allemagne, c’est en 1905 que sont institués les congés payés. Il faut attendre juin 1936 pour que la France lui emboîte le pas ; à la fin du même mois, c’est au tour de la Belgique. Mais ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que les Européens vont partir, de plus en plus nombreux, en vacances. Le tourisme de masse se développe à la fin des années 1960. En 1970, il faut créer Bison futé, le système qui permet de guider les automobilistes au milieu des embouteillages lors des grandes migrations estivales sur les routes françaises.

 

 

Si les congés payés ont permis le développement des vacances, celles-ci restent un marqueur social, encore aujourd’hui. En France, en 2019, une famille sur cinq ne « partira » pas en vacances pour des raisons économiques. Quant aux vacances d’hiver, elles ne concernent qu’une petite minorité de 28 % !

 

 

 

 

 

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