Une dernière visite

Les cadeaux de Noël ou d’anniversaire, on sait qu’ils viendront. On peut presque dire qu’ils sont programmés. Les confinements ont donné à beaucoup le temps de s’arrêter, de réfléchir à sa vie passée et future. C’est dans ces temps particuliers que j’ai reçu ce que je considère comme le plus beau des cadeaux. Après la reprise des visites en Ehpad, à la fin du premier confinement, j’ai retrouvé petit à petit les sourires de mon frère et sa parole.

Les cadeaux de Noël ou d’anniversaire, on sait qu’ils viendront. On peut presque dire qu’ils sont programmés.

 

Les confinements ont donné à beaucoup le temps de s’arrêter, de réfléchir à sa vie passée et future. C’est dans ces temps particuliers que j’ai reçu ce que je considère comme le plus beau des cadeaux. Après la reprise des visites en Ehpad, à la fin du premier confinement, j’ai retrouvé petit à petit les sourires de mon frère et sa parole. Cela valait déjà le plus beau des cadeaux. Puis est arrivé le coup dur et le verdict est tombé : mon frère avait un cancer généralisé. Il y eut alors les allées et venues de la famille, en particulier de ma sœur, pour l’accompagner dans ce temps de dégradation rapide. Les petites choses de la vie d’un grand malade, ces petits riens qui sont essentiels, ont pris beaucoup d’importance pour nous et nous les garderons toujours en mémoire car ils font du bien.

 

 

 

Alors que le deuxième confinement approchait, je suis allée un jour à l’Ehpad. Un camion étant rentré dans la cour, je l’ai suivi et j’ai franchi l’entrée sans me poser de questions. J’ai pu ainsi voir mon frère un petit moment. Je suis restée peu de temps car déjà, étant sous sédation, il s’était rendormi. Dans le couloir, c’était le branle-bas de combat. La surveillante m’a demandé comment j’avais pu rentrer. Elle m’a alors reconduite dehors en m’expliquant que les résultats venaient de tomber et que sur les soixante-dix résidents, quarante-sept étaient positifs. Je suis repartie me doutant que je ne le reverrai probablement plus. Il nous a quittés trois semaines plus tard sans accompagnement familial.

 

 

 

Je ne dirais pas que je n’ai pas été inquiète d’avoir pu être contaminée ! Mais j’ai vécu cette dernière visite comme le plus beau des cadeaux : j’avais pu voir mon frère pour la dernière fois et j’en rends grâce à Dieu.

 

Évelyne Nicollin (© Muriel Staerck)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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