Une Église de témoins

Dans ce vaste pays, deux petites Églises protestantes francophones existent et vivent profondément leur foi : l’Église évangélique du Caire (EEC) et l’Église protestante d’Alexandrie (EPA).

L’EEC et l’EPA sont des dames âgées, d’une centaine d’années pour l’une et d’environ 150 années pour l’autre. Elles ont connu bien des hauts et des bas dans leurs vies. Il y a même eu des années où elles risquaient de disparaître. Au Caire, la communauté n’a plus le temple d’autrefois, qui a réuni pendant de nombreuses années une population d’expatriés francophones, notamment des Suisses. À Alexandrie, l’Église se réjouit d’avoir un temple historique, qui accueille pour l’instant des étudiants de l’Afrique francophone de l’université de Senghor. Elle accueille également une communauté soudanaise. Le pasteur, dont le poste est porté par l’Action chrétienne en Orient (ACO), a aujourd’hui en charge deux mi-temps qui concernent, pour l’un, d’assurer l’activité pastorale sur l’EEC et l’EPA et, pour l’autre, d’approfondir les relations œcuméniques et interreligieuses, notamment avec le protestantisme égyptien.

 

Accueillir…

 

L’Église est en train d’écrire une nouvelle page dans son histoire riche et mouvementée. Elle n’est pas seule, mais fait partie de tout un réseau d’Églises et de mouvements œcuméniques. Elle accomplit ainsi plusieurs rôles : celui de l’accueil du tout-venant et celui de constructeur de ponts entre les dénominations, cultures, sociétés, le Nord et le Sud, en étant en Orient. Ses membres, déracinés de leurs pays pour la plupart et loin de leurs familles, cherchent un lieu de ressourcement, de partage, de joie et de solidarité. Ils cherchent à vivre ce qui fait sens dans leurs vies. L’Église est ainsi ce lieu qui témoigne d’une espérance qui nous vient d’ailleurs. Un lieu où la résurrection du Christ est célébrée toutes les semaines, où on peut partager le pain et le vin et prendre ainsi part au corps du Christ qui nous réunit, malgré nous.

 

© Thomas Wild

… et s’engager

 

L’Église vit, bien qu’elle soit fragile. La communauté du Caire a envie de grandir et cherche à développer de nouvelles idées pour mieux servir. Comme une graine de poussière perdue dans une mégapole de 22 millions d’habitants, elle est presque invisible au cœur d’un paysage religieux complexe et dominé par l’islam. Mais elle commence à attirer des fidèles. Ceux qui viennent disent : « L’Église, c’est notre famille, Pasteur », confirmant l’importance de l’Église comme véritable famille spirituelle, qui incite à prendre des responsabilités dans la communauté, là où les compétences peuvent être utiles. Le statut de « nouveau membre » ne dure jamais longtemps quand on arrive là. C’est une Église de témoins, qui se réjouissent du cadeau que Dieu leur réserve, sans se voiler la face et sans que les difficultés de la vie soient négligées. C’est ainsi que nous vivons l’Évangile au quotidien, en toute simplicité, mais en profondeur. Bref, une Église intéressante où tout est donné et tout est à faire.

 

 

 

 

 

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