Une équipe au service de l’Église

Une des questions que l’on pose le plus souvent à un pasteur qui se présente dans une Église locale est de savoir s’il sait travailler en équipe. Le travail en équipe est aujourd’hui très en vogue dans le monde de l’entreprise et voilà qu’il s’introduit aussi dans le monde de l’Église.

Le pasteur, d’habitude solitaire, ne peut échapper au travail en équipe avec ses collègues, mais aussi avec les laïcs qui l’accompagnent et le soutiennent. Le conseil presbytéral lui-même se comprend aujourd’hui comme une équipe qui travaille pour l’édification et le développement de son Église.

 

L’évolution du mode d’organisation de l’Église et de la desserte (création et travail au sein des Ensembles) fait qu’il devient plus que nécessaire de réfléchir sur cette notion de travail en équipe. Le problème majeur qui se pose à toute équipe est celui de sa composition. On peut mettre en évidence trois éléments importants : les trois C.

 

©EPUdF

La complémentarité

 

Pour qu’une équipe fonctionne, il est nécessaire qu’elle ait une mission. Travailler en équipe demande de savoir où l’on va, ce que l’on veut. Il y a là une notion de dynamique. On met en place une équipe pour quelque chose. La mission peut être soit un projet novateur, soit faire perdurer ce qui existe et qui fonctionne.

 

On cherchera les compétences les plus à même de mener la mission. Chaque membre de l’équipe ayant sa/ses dominantes.

 

La cohésion

 

Pour former une équipe, il y a deux manières de faire. Soit elle se forme d’elle-même, le projet ou la mission motivant des personnes qui formeront une équipe. Soit on la forme, en fonction de la mission on recherche les personnes qui ont des compétences adéquates.

 

Cependant avoir formé une équipe n’est pas suffisant, la réussite du projet dépend de sa cohésion : il est nécessaire que l’équipe adhère au projet. Ici les notions d’affection, de proximité ou de relation sont essentielles. Si l’équipe formée par affinité trouve sa cohésion favorisée naturellement, l’équipe formée par un tiers (un conseil presbytéral par exemple) peut voir sa cohésion articulée autour d’un leader, qui pourra attribuer les tâches aux membres de l’équipe en fonction de leurs compétences.

 

La cohérence

 

Une équipe formée et au travail doit être cohérente. Il est nécessaire qu’il y ait une relation « je-nous » et non pas un « je veux ». Les individualités ne doivent pas prendre le dessus sur l’équipe, mais l’équipe ne doit pas effacer les individualités.

 

La cohérence de l’équipe rassure, c’est en cela que réside le succès de la mission. S’il y a une fragilité, une incohérence, c’est là que l’échec va frapper. Comme lorsqu’un enfant a peur et que son père lui dit « moi aussi », l’enfant se trouve encore plus effrayé.

 

Le travail en Église nécessite plus que jamais ce travail en équipe et, si les conditions de sa mise en œuvre sont réunies, il faudra ensuite trouver son mode de fonctionnement. Là aussi, complémentarité, cohésion et cohérence doivent prévaloir, ce à quoi il faudrait rajouter l’affinité et l’affection. Il faut surtout savoir prendre l’exemple de celui qui a su réunir autour de lui une équipe de douze personnes pour la plus belle des missions : annoncer la Bonne Nouvelle.

 

 

 

 

 

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