Une méthode peu utile

Les protestants ont longtemps valorisé les méthodes historico-critiques de lecture de la Bible, tentant de revenir aux intentions originelles des auteurs des textes, en les replaçant dans leur contexte, pour y déceler un sens pour le lecteur contemporain. Ces méthodes sont-elles encore pertinentes dans la pratique du ministère pastoral ?

Mon ministère me donne l’occasion d’animer très régulièrement des groupes d’étude de la Bible pour des personnes provenant de milieux très divers, souvent débutantes dans la foi. À cette tâche, la méthode d’exégèse historico-critique m’est peu utile.

 

© Lucile

 

 

 

Ce type d’exégèse insiste sur la compréhension du contexte qui a présidé à la rédaction du texte étudié. Ayant à cœur l’annonce de l’Évangile, je préfère ne pas prendre le risque de perdre mon auditoire dans des détails historiques qui peuvent le détourner de la nécessité d’accueillir ce que le texte transmet. Ainsi, savoir qu’une éclipse de soleil ne peut pas scientifiquement avoir eu lieu le jour de la passion du Christ est intéressant. C’est néanmoins l’ouverture au sens de cette mort qui sera l’objet suffisant de mon travail pastoral lorsque j’aborderai le passage de Matthieu 27.

 

La recherche propose des théories concernant la datation des diverses parties de la Bible. Elle nous invite alors à lire la Bible à partir de suppositions qui changent régulièrement et sont parfois étrangement conniventes avec l’esprit du temps. Je préfère, pour l’enseignement, user de la Bible telle qu’elle est offerte à tous depuis des siècles. Selon un principe cher aux réformateurs, j’ai tendance à supposer que la Bible est claire et qu’elle s’explique par elle-même. C’est ainsi que je peux encourager les croyants à lire personnellement leur Bible et à en chercher ensemble le sens.

 

La méthode historico-critique découpe la Bible selon ses auteurs supposés, afin de comprendre ce qu’ils ont voulu dire. On en vient à perdre de vue ce qui fait l’unité surprenante de la Bible, Parole du Dieu fidèle. Peu m’importe de savoir à quelle couche rédactionnelle appartient Exode 3.14 lorsque je vois tel nouveau croyant ému d’avancer dans la compréhension du Dieu qui est, qui était et qui vient.

 

 

 

 

 

 

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