Session de préparation au départ des envoyés 2025
© Défap
Le Defap, service protestant de mission de l’Église protestante unie de France (EPUdF) et de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (Uepal), est né d’une conviction simple : l’Église est universelle par essence. Elle ne se limite pas à un territoire ni à une culture. Elle est relation, échanges, communion.
Depuis plus de cinquante ans, le Defap accompagne et structure les liens entre les Églises de France et leurs partenaires en Afrique, en Europe, dans l’océan Indien, aux Caraïbes ou au Moyen-Orient. Il ne s’agit pas seulement d’« aider » ou de « soutenir », mais de vivre une réciprocité : apprendre les uns des autres, partager les expériences, reconnaître la diversité comme une richesse spirituelle.
Dans cette perspective, la mission n’est pas une aventure solitaire. Elle est un mouvement d’Église à Église, une manière concrète de rendre visible l’unité du corps du Christ.
Une Église universelle qui se vit dans la rencontre
Concrètement, le Defap organise l’envoi de volontaires – jeunes en service civique, volontaires de solidarité internationale, pasteurs ou professionnels engagés pour un temps donné – auprès d’Églises partenaires. Mais il favorise tout autant l’accueil, en France, de volontaires et de chercheuses et chercheurs venus d’autres continents.
Cette circulation des personnes transforme les communautés locales. Elle élargit les regards, questionne les habitudes, invite à relire l’Évangile à partir d’autres contextes. Une paroisse qui accueille un volontaire togolais ou malgache ne reçoit pas seulement une aide : elle découvre une autre manière de prier, de célébrer, de témoigner.
La Maison des missions, au 102 boulevard Arago à Paris, incarne cette réalité. Ce lieu de travail, de formation et de passage est un carrefour interculturel où se croisent partenaires internationaux, responsables d’Églises, volontaires en départ ou en retour. L’Église universelle ne s’y pense pas seulement : elle s’y vit.
Un défi pour aujourd’hui : l’interculturalité
Cependant, vivre l’universalité ne va pas de soi. Les différences culturelles peuvent enrichir, mais aussi déstabiliser. Les sensibilités théologiques, les pratiques ecclésiales ou les manières d’exercer l’autorité varient d’un pays à l’autre.
C’est pourquoi le Defap met de plus en plus l’accent sur l’interculturalité. Il ne s’agit pas simplement de juxtaposer des cultures, mais d’apprendre à dialoguer, à comprendre les codes de l’autre, à accepter d’être déplacé.
Le Forum Defap 2026, consacré au « défi de l’interculturalité », s’inscrit dans cette démarche. Il proposera un espace de réflexion théologique et pratique : comment passer d’une Église marquée par une culture dominante à une véritable « Église des cultures » ? Comment faire de la diversité une dynamique missionnaire plutôt qu’un motif de repli ?
Ces questions ne concernent pas seulement les partenaires lointains. Elles touchent aussi les paroisses françaises, confrontées à la pluralité culturelle de leurs territoires.
Quel rôle pour demain ?
Pour l’avenir, le rôle du Defap pourrait s’articuler autour de trois axes majeurs.
1. Un rôle de passeur
Dans un monde fragmenté, le Defap peut continuer à relier, à mettre en contact, à ouvrir des chemins de dialogue. Il devient un pont entre les Églises, mais aussi entre générations, entre traditions, entre manières de vivre la foi.
2. Un rôle de formateur
L’interculturalité ne s’improvise pas. Elle demande une préparation, une écoute, une réflexion théologique. Le Defap est appelé à accompagner les paroisses pour qu’elles puissent accueillir, envoyer, partager en conscience et en profondeur.
3. Un rôle de veille et de discernement
Enfin, le Defap peut rappeler que l’Église universelle n’est pas une option, mais une dimension constitutive de la foi chrétienne. À l’heure des replis identitaires, il témoigne qu’il est possible de vivre une unité qui ne nie pas les différences mais les assume.
Une responsabilité partagée
L’avenir du Defap dépend aussi des Églises locales : chaque paroisse peut choisir d’ouvrir une fenêtre sur l’universel : en nouant un partenariat, en accueillant un volontaire, en intégrant la prière pour les Églises sœurs dans sa liturgie, en participant aux temps de réflexion proposés.
Vivre l’Église universelle, ce n’est pas regarder au loin ; c’est élargir ici même l’horizon de la foi. Le Defap n’est pas une structure extérieure aux communautés : il est un outil mis à leur service pour que cette dimension universelle devienne concrète.
Pour une Église en mouvement
Demain, l’Église protestante en France sera nécessairement interculturelle, connectée, solidaire. Elle sera appelée à penser sa mission non seulement à partir de son histoire, mais en dialogue avec d’autres récits chrétiens.
Dans cette perspective, le Defap apparaît moins comme une organisation spécialisée que comme un laboratoire de l’Église universelle. Il expérimente, relie, questionne, accompagne.
Son rôle pour demain ? Aider les communautés à comprendre que l’universalité n’est pas un concept abstrait, mais une expérience vécue : celle d’une foi partagée à travers les cultures, appelée à témoigner ensemble de l’Évangile.
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Vivre l’Église universelle. Les offres du Defap pour l’Église locale : un livret pensé pour permettre aux paroisses de comprendre comment le Defap peut les aider à vivre l’Église universelle. À télécharger ou à demander pour envoi.
https://www.defap.fr/wp-content/uploads/2025/11/Offres-du-Defap-aux-paroisses-Numerique.pdf
