Le choix de la fraternité et de la solidarité

Après la cession de la maison de retraite Les Mûriers, à Saint-Sauveur-de-Montagut, à la Fondation des Diaconesses de Reuilly, l’Association évangélique de bienfaisance de l’Eyrieux et du Doux (AEBE) s’est investie dans un nouveau projet de logement, en reprenant la Maison des Oisillons, à Lamastre. Début novembre, le vaste chantier de rénovation de cette maison arrivera à son terme et permettra l’accueil des premiers locataires qui s’inscriront dans une démarche fraternelle et solidaire.

Ce sont de vieux bâtiments en pierre, posés sur la pente de la montagne ardéchoise, juste au-dessus de Lamastre, au milieu de la verdure. Anciennement utilisés comme maison d’enfants à caractère social, ils ont été vendus à l’UNAPEI (Union nationale des amis et parents de personnes handicapées mentales – anciennement d’enfants inadaptés) qui, n’ayant pas les moyens de remettre aux normes ces constructions à moitié délabrées, les a cédées pour une bouchée de pain à l’AEBE (Association évangélique de bienfaisance de l’Eyrieux et du Doux). Il a fallu longtemps pour que soit choisi le projet d’une maison solidaire et intergénérationnelle, après l’évocation d’un lieu de ressourcement pour les chrétiens en recherche et de plusieurs autres idées similaires. Enfin, en 2011, le choix est définitif. Le conseil d’administration de l’AEBE entre en contact avec Jean-Michel Marlier qui sera l’architecte de ce projet.

 

La Fermette, prête à accueillir une famille (© Olivétan/GM)

 

 

 

Quant aux artisans, ils sont localisés à Lamastre ou dans les villages alentour : Saint-Julien-Labrousse, Désaignes, Saint-Prix, Saint-Basile. Il y a fort à faire pour rénover et mettre aux normes ces bâtiments, et les frais s’élèvent à environ 1 million d’euros. Le plus gros de cette somme est couvert par un prêt de la banque. Mais les dons (75 cotisants de l’AEBE, d’autres particuliers, mais aussi des ensembles plus importants comme d’autres associations) et autres subventions représentent tout de même une importante proportion. Par ailleurs, l’association organise divers événements pour récolter des fonds : participation au vide-grenier de la commune, portes ouvertes pour faire connaître le projet, concert prévu au mois de novembre…

 

Les dépendances : siège de l’association et salle de silence (© Olivétan/GM)

 

 

 

Investir pour permettre une solidarité

 

Le domaine est constitué de cinq bâtiments, la Maison de maître, la Grange, la Fermette et deux dépendances. Les trois premiers pourront accueillir des locataires (la Fermette est aménagée pour une famille, les deux autres bâtiments accueillent plusieurs appartements pour des personnes seules ou des mamans avec un enfant). Quant aux dépendances, l’une servira de bureau à l’association et l’autre de salle de silence, où les habitants pourront venir prier, méditer ou se ressourcer. Des parcelles de jardin pourront être attribuées aux locataires s’ils le souhaitent ; des panneaux photovoltaïques devraient être installés d’ici peu sur les toits, et tous les appartements de la Maison de maître sont adaptés aux personnes à mobilité réduite. Par ailleurs, certaines installations comme les machines à laver seront communes à tous les habitants. Enfin, un panneau d’affichage permettra à chacun de demander de l’aide ou de proposer des services. Laure Bourliataud, membre du conseil d’administration de l’AEBE, explique : « Les gens se rendent compte que sans les autres, on n’est pas grand-chose. »

 

La Maison de maître avec sa véranda (© Olivétan/GM)

 

 

 

Une expérience humaine à partager

 

Les membres de l’AEBE attendent beaucoup de ce projet. Attirer des gens à Lamastre, petit village perdu dans la campagne ardéchoise, devrait (dans une moindre mesure) permettre de combattre l’exode rural et donner un point de vue différent sur la campagne. Par ailleurs, ils espèrent que cela « sera inspirant pour les communes alentour » et permettra de créer d’autres projets solidaires. Ils souhaitent développer au sein du domaine un esprit d’entraide et de solidarité, ce qui pourrait être facilité par la localisation du site, assez éloigné des grandes villes. En effet, les locataires auront tout intérêt à s’entraider pour les trajets !

 

 

Ce projet s’adresse à tous ceux qui ont envie de vivre une expérience humaine partagée. L’association sélectionne soigneusement ses futurs locataires, car ils doivent être capables de vivre en collectivité, ce qui requiert un certain profil et des qualités importantes. L’AEBE recherche des personnes de tous âges : retraités, étudiants, familles. Pour l’instant, quatre des appartements de la Maison de maître seront occupés par des personnes âgées, et une famille envisage la possibilité de s’installer dans la Fermette (dont les travaux sont déjà pratiquement terminés). Autre caractéristique du projet : les loyers sont assez réduits, favorisant ainsi les ménages à faible revenu ou en difficulté financière. Ce sont donc divers milieux sociaux et tranches d’âges qui devraient se mélanger aux Oisillons.

 

Autre point de vue de la Maison de maître… encore en travaux ! (© Olivétan/GM)

 

 

 

S’appuyer les uns sur les autres

 

L’AEBE est également en relation avec d’autres organismes qui se sont lancés dans ce type de projet. « On cherche à comprendre les erreurs des autres, pour ne pas les refaire. » Comme c’est la première fois que l’association se lance dans de gros travaux, ces exemples leur sont précieux. « Comme on n’a pas de recul, on est obligé de faire confiance à ceux qui ont déjà fait construire ». Laure estime qu’ils sont chanceux : ils n’ont jamais eu de gros problèmes dans les travaux, pas d’imprévus handicapants, pas de retards importants. Certes, c’est toujours difficile, quand un membre de l’association se retire du projet, par exemple ; cela remet en cause beaucoup de choses. La majorité des membres du CA présents lors de la fondation du projet ne font désormais plus partie de l’association. Mais, au fond, on garde la tête haute et le projet avance. Début novembre, la Maison de maître sera habitable et les premiers locataires pourront emménager !

 

 

 

 

 

 

#En région

Nos titres

Échanges
Ensemble
Le Cep
Le nouveau messager
N°446 - juin 2020
Le Protestant de l'Ouest
Le Ralliement
Liens protestants
Paroles protestantes Est-Montbéliard
Paroles protestantes Paris
Réveil

Pour aller plus loin

Chants à capella par le Quatuor SEDNA
Seloncourt
Chants à capella par le Quatuor SEDNA
Le Quatuor SEDNA, composé de Maëlle Javelot, Ophélie Julien-Laferrière, Hanna Marandin, Sarah Nardon, donnera un concert le vendredi 6 février à 20h15 au Petit Temple de Seloncourt.
Accueillir, accompagner, visiter
Région Est-Montbéliard
Accueillir, accompagner, visiter
Lorsque l’on observe ce qui se passe autour de nous, lorsque l’on écoute ce qui se dit autour de nous, y compris au sein de notre Église, au sein de nos paroisses, nous pouvons parfois nous interroger sur la place qui est faite à l’autre et tout particulièrement à celui qui, dans nos communautés, n’est pas ou n’est plus une force vive, dans tous les sens du terme… De la même façon, nous pouvons aussi parfois nous demander si l’entraide et la solidarité sont toujours au cœur de nos missions.
Fiat Mihi Secundum Verbum Tuum : Françoise Molbert ou une certaine idée du service
Vallée du Rupt
Fiat Mihi Secundum Verbum Tuum : Françoise Molbert ou une certaine idée du service
La maison familiale de Françoise Molbert se situe à proximité immédiate du temple de Sainte-Marie, à la croisée des routes qui desservent toute la vallée du Rupt ; pour la manquer, il faut vraiment le vouloir.
La chasse aux « hérétiques »
Région Est-Montbéliard
La chasse aux « hérétiques »
« Ces doctrines de Martin Luther sont pernicieuses, erronées, mensongères, scandaleuses, offensantes pour les oreilles pieuses, contraires à la vérité évangélique, ennemies de l’autorité ecclésiastique, subversives de l’ordre chrétien. […] Elles doivent être tenues pour pestilentielles, tendant à renverser l’unité de l’Église et à jeter dans la confusion les simples fidèles. […] La Faculté juge qu’il faut défendre sévèrement la lecture, la possession et la diffusion de tels livres, afin que la contagion n’en affecte pas le peuple chrétien ».
La chorale de la vallée du Rupt
Vallée du Rupt
La chorale de la vallée du Rupt
Un modèle qui continue de faire ses preuves.
Quatre cordes, 3000 bougies, un moment suspendu
Besançon
Quatre cordes, 3000 bougies, un moment suspendu
Du 20 novembre 2025 au 10 avril 2026, le temple du Saint-Esprit de Besançon s’illumine pour 14 concerts Candlelight d’une heure.
Une page se tourne à Paroles Protestantes
Région Est-Montbéliard
Une page se tourne à Paroles Protestantes
Christiane Laurent, la rédactrice en chef quitte ses fonctions après de longues années d’engagement, saluées unanimement par le Comité de rédaction.
Jane Stranz : 400 ans de culte luthérien à Paris
Vidéos
Jane Stranz : 400 ans de culte luthérien à Paris
En 1626, en plein cœur de Paris, un culte luthérien avec Sainte-Cène est célébré dans une ambassade scandinave, en marge des lois du royaume. Cet événement discret mais audacieux marque le début officiel du luthéranisme à Paris. Dans cette interview, la pasteure Jane Stranz revient sur cette histoire singulière.
Escales protestantes | Dialogue RCF
Provence-Alpes-Corse-Côte d'Azur
Escales protestantes | Dialogue RCF
Le rendez vous des Églises Protestantes en Provence