Nouvelle-Calédonie

« La souveraineté, c’est de choisir ses partenaires », disait Jean-Marie Tjibaou, « pour un petit pays comme le nôtre, l’indépendance c’est de bien calculer les interdépendances. » Une question encore à l’ordre du jour à la veille des élections provinciales du 12 mai en Nouvelle-Calédonie.

C’est bien à une question sur l’indépendance politique que le référendum du 4 novembre dernier a donné réponse. « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » : non 56,7 %, oui 43,3 %, avec une forte participation. Le résultat fut beaucoup plus serré que prévu : c’est le score 70 %/30 % qui était attendu. Une semi-victoire inespérée pour les indépendantistes, une semi-défaite imprévue pour les non-indépendantistes, un vote quasi communautaire. Les Kanak ont voté massivement pour l’indépendance, les Européens et Wallisiens contre…

 

 

 

Des cartes rebattues

 

Personne ne s’est trouvé humilié et les cartes du jeu politique sont rebattues : il faut penser le destin commun à nouveau frais. Les ombres de la période coloniale, les inégalités sociales, la place renforcée de la culture kanak en Nouvelle-Calédonie… tout a joué pour que les Kanak réaffirment leur identité propre et leur place centrale dans le pays. Et ils comptent bien que le deuxième ou troisième référendum, envisagé d’ici 2022, leur apporte gain de cause. Pour l’heure, ce sont les élections provinciales qui se profilent pour le 12 mai, et une possible victoire des indépendantistes…

 

 

 

Mais la réalité ne s’épuise pas dans la politique. Elle est aussi culturelle, religieuse, économique, technologique : quelle est la place de la coutume kanak dans une Nouvelle-Calédonie constituée majoritairement de non-Kanak ? Quelles relations économiques instituer dans le Pacifique sud face aux puissances chinoise ou australienne ? Quelle place pour l’attachement à la terre et à la tribu, quand le smartphone règne en maître ? Les Calédoniens partagent un socle de valeurs communes qui doit leur permettre, quel que soit l’avenir institutionnel, de vivre ensemble dans une communauté de destin et dans la paix, dépassant donc la seule question de l’indépendance.

 

Après un résultat très serré lors du referendum de novembre,

 

les élections provinciales de mai reposeront la question de l’indépendance

 

de la Nouvelle-Calédonie (© wikipedia)

 

Un socle de valeurs autour des relations

 

Les valeurs de la République, les valeurs chrétiennes et les valeurs kanak forment un socle de valeurs cimentant l’unité du pays, quel qu’en soit l’avenir politique. Trois sources qui se réunissent pour former un seul fleuve, auquel puisent les Calédoniens. Parmi ces valeurs figure l’importance des relations d’échanges entre les membres des groupes dans la vie sociale, la recherche du consensus, l’humilité, le respect de la parole donnée et la nécessité de rétablir l’harmonie du groupe par le pardon.

 

 

 

Indépendance politique ou souveraineté calédonienne ? Le mot « indépendance » n’existe pas dans les 28 langues kanak ; la culture kanak est basée sur la relation entre les gens, l’attache à la terre et à la tribu, sur l’interdépendance. La volonté d’indépendance kanak est la traduction politique d’une revendication profonde, celle d’être respecté et reconnu.

 

L’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) n’a-t-elle pas appelé tous les Calédoniens à devenir les concitoyens d’un pays nouveau ?

 

 

 

 

 

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