Geneviève Graff © Luc Perin
Geneviève est l’aînée des quatre enfants du pasteur Daniel Mauer et de son épouse. Son enfance et son adolescence ont donc été marquées par des missions successives. Elle naît en Gironde en 1949, alors que son père est encore pasteur proposant. Elle a à peine 2 ans quand la famille s’installe dans le pays de Montbéliard, terre natale paternelle. Et pas plus de 3 ans quand la Société des missions évangéliques de Paris appelle le pasteur Mauer : « Accepterais-tu d’aller au Togo ? » C’est oui et, en 1952, tous embarquent à Bordeaux pour rejoindre l’Afrique où ils resteront quatre ans.
Tahiti : une expérience fondatrice
Après un bref retour en France, le pasteur Mauer ressort sa carte du monde et y tend à nouveau un fil pour montrer à ses enfants leur nouvelle destination : Tahiti ! Une expérience particulièrement importante puisqu’ils y restent de 1957 à 1964. Geneviève y fréquente le collège protestant – elle est la seule européenne de sa classe – et s’investit dans le scoutisme unioniste. « La foi, c’est venu comme ça, témoigne Geneviève Graff. Comment ne pas me dire qu’elle était une des choses importantes dans la vie ? » À Tahiti, elle participe à des réunions organisées dans les maisons. « Nous prenions un texte biblique et les gens le commentaient, poursuit Geneviève. Cela m’a marquée. »
Mais l’aventure polynésienne s’achève suite à une blessure de son père, un empoisonnement par du corail. La famille Mauer rentre en métropole, en Ardèche puis à Besançon, à partir de 1966. « J’y ai renoué avec le scoutisme, se souvient Geneviève Graff. Cela m’a apporté une vie communautaire, la faculté de relativiser les choses et des temps spirituels à la portée des ados. » En 1967, à 18 ans, Geneviève fait un camp de formation à Freissinières, dans les Hautes-Alpes. C’est là qu’elle rencontre un autre scout, un certain Alain Graff… Deux ans plus tard, les deux jeunes tourtereaux se marient ! Entre-temps Geneviève s’est lancée dans des études de sociologie puis de psychologie du langage à Besançon.
La Provence, terre de mission
Après une escale à Paris, les Graff atterrissent en Provence où Alain devient contrôleur aérien, à Aix. « Nous avons été très bien accueillis dans la paroisse d’Aix-en-Provence, se rappelle Geneviève. J’y ai toujours eu un engagement. » La famille Graff s’agrandit, les quatre enfants du couple vont à l’école biblique puis suivent la catéchèse. Leur mère s’y implique. « Quelles que soient les missions, je trouvais qu’elles m’apportaient quelque chose, que je faisais encore des découvertes, ajoute-t-elle. Cela m’a permis de rencontrer des personnes très différentes. À la paroisse, dès qu’il y avait des gens venant de loin, j’y allais ! »
Depuis 1976, les Graff habitent Pertuis, dans le Sud Luberon. Alors, quand un pôle missionnaire se met en place à Lourmarin et qu’un projet de festival y voit le jour, ils proposent leur service. Geneviève est alors appelée à devenir présidente du conseil presbytéral de l’Église locale de Pertuis-Lourmarin. Une responsabilité qu’elle assure depuis 2024. « Ce qui me soutient dans mon ministère, c’est notre éducation, explique Geneviève Graff. Quand nous sommes engagés, avec Alain, nous allons au bout de notre mission. »
