Pasteur Tonoussé L José Kinsou : sous la Grâce de Dieu

A la rencontre du pasteur Kinsou, à Dunkerque, qui nous partage son parcours

Bonjour, Monsieur Kinsou, vous êtes arrivé en 2020 à Dunkerque, et c’est votre premier poste dans l’EPUDF en France. Auparavant vous étiez dans une autre Église à l’étranger ? 

 

Oui, j’ai servi dans mon Église d’origine au Bénin, pendant plusieurs années après mes études théologiques à la Faculté de Théologie Protestante de Yaoundé, au Cameroun. Ensuite que j’ai été envoyé à Madagascar par la CEVAA (Communauté d’Églises en Mission), pour servir dans la paroisse internationale d’Andohalo, à Tananarive. 

 

Elle accueille des chrétiens de toutes confessions, malgaches comme étrangers, qui ne comprennent pas forcément la langue malgache. Elle fait partie de l’Église de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM), mais possède un statut particulier. J’y suis resté environ sept ans. 

 

J’ai vu sur internet des témoignages montrant à quel point ils avaient l’air de regretter votre départ… 

 

La séparation a été très difficile. J’ai quitté la paroisse avec beaucoup d’émotion. Ensuite, je suis retourné au Bénin, dans mon Église, avant de venir m’installer en France. 

 

Vous êtes venu à Dunkerque ! Quel changement de climat ! 

 

– C’est vrai, passer d’un climat subéquatorial à celui de Dunkerque, ça change?! Mais j’avais déjà connu l’hiver suisse, que j’avais bien aimé. À Madagascar, l’hiver commence vers avril-mai et peut être assez froid. Bien sûr, ce n’est pas comparable au Nord de la France, mais à Dunkerque, je m’habitue progressivement. 

 

D’où est venue votre vocation de pasteur ? C’est depuis que vous étiez petit que vous vouliez devenir pasteur ? 

 

– Pas du tout. Je ne voulais pas devenir pasteur. J’étais engagé dans des études d’économie quand j’ai assisté à une cérémonie de clôture à l’École de théologie de Porto-Novo. Ce jour-là, le message du pasteur m’a profondément bouleversé. Un an plus tard, en 1982, je partais au Cameroun pour entreprendre des études théologiques. 

 

Et qu’est ce qui vous a le plus intéressé dans les matières théologiques ? 

 

J’ai beaucoup aimé les textes bibliques, l’Ancien et le Nouveau Testament. Mon mémoire de maîtrise portait sur la notion de vie dans le Deutéronome et l’Évangile selon Jean. J’en suis arrivé à cette conclusion : 

 

« Le salut se trouve en Christ dans l’Église, qui est l’assemblée des hommes, des femmes et des enfants arrachés au monde de la chair et éveillés à la vie des enfants de Dieu, par la grâce souveraine de la Parole incarnée. » 

 

La vie dans la paix est un thème fondamental aussi bien dans le Deutéronome que chez Jean. 

 

Donc ici, dans la paroisse, vous faites des études bibliques également ? 

 

– Oui, elles sont ouvertes à tous. Nous avons étudié des livres comme Esther, Jonas, les Actes des Apôtres, plusieurs épîtres de Paul, et actuellement nous explorons l’Épître aux Colossiens. 

 

Vous avez une chorale à Dunkerque ? 

 

– Absolument. Nous avons une chorale qui s’appelle « Les Parpaillots », composée de personnes issues de différentes Églises. Nous chantons en français, en anglais, et parfois dans d’autres langues, des cantiques et du gospel. En Afrique, la musique est indissociable de la foi : on chante, on danse, on joue des percussions. 

 

Vous avez aussi à Dunkerque, un groupe œcuménique ? 

 

Oui, c’est une belle dynamique fraternelle. Nous collaborons avec les Églises catholiques, protestantes et évangéliques pour divers événements : le Mois de la Bible (octobre-novembre), ou la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. 

 

Je crois qu’ici, vous avez un camp de migrants. L’Église s’en occupe ? 

 

Il n’y a pas de camp de migrants à Dunkerque même, mais notre paroisse, l’EPUdF, est engagée à travers son association d’Entraide, qui accompagne les personnes en difficulté, y compris les migrants. 

 

Votre famille s’est-elle bien intégrée en France ? 

 

– Je vis ici à Dunkerque avec mon épouse. Nos enfants sont aujourd’hui grands : certains ont terminé leurs études supérieures, d’autres les poursuivent, en France ou en Afrique. À Madagascar, ils ont pu bénéficier d’un système scolaire francophone, ce qui leur a facilité la transition. 

 

Je rends grâce à Dieu qui, à chaque étape, a tracé le chemin. Et je remercie toutes les personnes que je côtoie chaque jour, dans l’Église comme en dehors. Le ministère, c’est une aventure de foi, de fidélité… et de rencontres.

 

© DR 
Pasteur Tonoussé L José Kinsou

 

 

 

 

 

 

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