Les protestants et la mort

Le musée Pierre Bayle accueille depuis le printemps 2018 des « causeries » sur divers sujets, choisis à partir des demandes et souhaits du Conseil presbytéral du Carla Bayle puis par les participants à ces causeries. Le 20 octobre le thème était celui des Protestants et la mort.

Les protestants et la mortUne petite « trilogie » (« Grâce, Bible, Accès direct à Dieu ») avait réuni protestants, catholiques et autres curieux au printemps 2018. Pour l’automne 2018 (septembre, octobre, novembre), une nouvelle « trilogie » aborde les thèmes « Prière, Mort (…et l’après), Morale ».

 

L’angoisse de l’après-mort vient tout droit « du diable ». Il faut la combattre

 

Plusieurs questions « indiscrètes » (Ai-je peur de la mort ? de ma mort ? La mort, est-elle pour moi un « passage » ? Suis-je inquiet pour « l’après » ?) ont permis de ne pas partir trop vite dans de grandes interrogations théologiques.

 

Durant ces causeries, les
personnes peuvent questionner
et parler

La confiance…

 

Puis, nous découvrons ensemble combien la représentation de Dieu influe directement (et bien souvent inconsciemment) sur la manière dont nous vivons l’approche de la mort, le deuil, l’inquiétude ou bien la confiance face à la mort. Oui, quel Dieu nous attend ? Un Dieu qui ouvre ses bras, qui compte les points, qui pardonne à condition que… Très vite, les participants découvrent les conséquences directement pratiques d’une conviction de foi : pourquoi les obsèques protestantes sont ressenties souvent comme plus « tranquilles », voire « confiantes » ? Pourquoi le pasteur insiste-t-il sur l’importance d’une célébration « pour les vivants » ? Faut-il détailler ce que la personne décédée a fait dans sa vie ? Qu’est-ce que l’on peut dire quand il n’y a pas grand-chose à dire ? Comment éviter l’hypocrisie au moment de la célébration ? « Ce n’est pas parce qu’elle est morte qu’elle devient une meilleure personne ! »

 

…contre l’angoisse

 

Martin Luther insistait pour dire que « Nous ne chantons pas non plus des chants de tristesse et de désolation auprès de nos morts et nos tombeaux, mais bien des chants qui consolent : des chants qui parlent de rémission de péché, de repos, de sommeil, de vie et de résurrection des morts, pour que notre foi soit fortifiée, et que les gens soient conduits dans une prière juste. » Prêcher contre l’angoisse car l’angoisse devant la mort et l’angoisse de l’après-mort vient tout droit « du diable ». Elle n’est pas de Dieu, il faut la combattre, cette angoisse, ne pas s’y complaire, et encore moins l’accroître par des paroles maladroites.

 

Les cycles de Causerie du Carla-Bayle
connaissent un vif succès

Vivre avec le secret

 

Le deuil est aussi abordé… les rites ou l’absence de rite, et la question du rite qui « aide ». Un vrai questionnement : comment faire en sorte que ce deuil puisse être accompagné aussi en Église ? Rappeler le nom des personnes décédées pendant un culte ultérieur ? Comment aider à prendre au sérieux le temps, la durée, un cheminement de deuil ? Comme pour les autres causeries, nous trouvons plus de questions que de réponses… Mais ce sont des questions partagées qui continueront à stimuler la réflexion et le partage. Non, le sujet de la mort n’est pas tabou. On peut en parler, à plusieurs, et même parfois avec humour…Heinz Zahrnt (1915-2003), un théologien protestant, écrivait : « Vers où Dieu nous conduit à travers la mort reste un secret. Mais on peut vivre avec un secret, quand on fait confiance. On peut réfléchir à un secret, et même spéculer. Mais on ne peut pas le résoudre comme le meurtre dans un roman policier. »

#Ariège #Carla-Bayle #Sud-Ouest
#En région

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