
Il a tout d’abord présenté les différents types d’établissements de détention et leurs différences : maisons d’arrêt, centres de détention, maisons centrales, centres pénitentiaires, établissements pour mineurs, centres de détention régionaux, centres de semi-liberté…La vie en prison a ensuite été évoquée : parcours du prisonnier lors de son admission en prison, choix par l’administration de la cellule d’affectation et suivi de la personne incarcérée.
Spécificités
L’intervenant a relevé quelques spécificités de ce parcours. La notion même de temps par exemple. Morcelé en de multiples tâches (travail, art, jardinage, cuisine, ménage mais aussi formation ou de l’enseignement élémentaire jusqu’à l’enseignement universitaire), il se dissout.
L’aumônier est porteur de l’amour de Dieu, sans conditions ; premier témoin direct de la grâce libératrice

l’importance de maintenir les liens familiaux
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Concernant l’accès aux médias, si certains sont libres, comme la télévision, l’accès à internet et la possession d’un téléphone portable sont toujours impossibles. Dans le domaine de la santé, la prise en charge médicale est assurée par le secteur public hospitalier présent en prison via les Unités de Consultation et de Soins Ambulatoire (U.C.S.A.). Les soins psychiatriques sont dispensés dans les Unités Hospitalières de Soins Aménagés (U.H.S.A.). Le lien familial (premier des liens sociaux) est maintenu via le parloir, le salon familial et les unités de Vie Familiale (appartements entièrement sécurisés permettant l’accueil pour 24h, 48h ou 72 h de la famille ou d’amis, ces visiteurs étant alors en quelque sorte « incarcérés » avec leur proche détenu pendant cette période). Enfin, l’intervenant a souligné l’action des aumôniers musulmans. Ils modèrent efficacement les dérives de radicalisation parfois observées.
Le rôle de l’aumônier
L’Église est chargée de mission en prison pour soutenir ceux qui témoignent en son nom. Pour l’aumônier il s’agit avant tout « d’être avec », par une présence attentive, une écoute bienveillante, respectueuse et qui respecte la confidentialité (le secret des ministres du culte est proche de celui des avocats, aux communications téléphoniques près). Cette écoute doit savoir faire fi de tout jugement. L’aumônier doit aussi « être prêt » à écouter, être disponible pour la surprise de la rencontre. Enfin, il doit « être reconnaissant » pour un moment privilégié. On ne ressort pas de la visite en prison comme on y est entré, mais enrichi. Il est porteur de l’amour de Dieu, sans conditions ; premier témoin direct de la grâce libératrice.
Détenus et victimes
Lorsque les portes du tribunal se referment derrière les victimes, elles sont alors livrées à elles-mêmes. Dans certains pays qui ont une forte conception de justice restauratrice, des associations d’aide aux victimes créent des espaces de parole détenus-victimes. Après une préparation psychologique, les victimes entrent dans les prisons et rencontrent des détenus (pas ceux concernés par leur affaire). Les études réalisées sur ce système montrent une diminution du taux de récidive de 66 %.
