« Centre To7 », les uns à côté des autres » © Rémi Droin
C’est peut-être une phrase bateau. Mais oui, quelle galère quand nous sommes réduits à des chiffres, des numéros de sécurité sociale, des numéros étrangers, comme si nous étions des êtres numériques. Là, dans ce monde, partout des écrans se dressent devant nous, car en plus nous devrions être des êtres du numérique.
Ne sommes-nous qu’un numéro ?
Nous voguons de guichets en guichets, lorsqu’ils sont encore ouverts, devant lesquels sont dressés de grands écrans de Plexiglas. Un autre numéro nous est confié sur un petit ticket et nous devons attendre notre tour, notre chiffre en fixant les affichages électroniques.
Chacun d’entre nous est désormais plongé dans des algorithmes qui prétendent décider à notre place l’orientation de nos choix à partir de nos habitudes de consommation. Et là encore, si nous rencontrons un obstacle, une administration qui ne nous reçoit plus, un bug, nous sommes redirigés vers un numéro dédié ou un numéro vert, parmi des milliers.
To7 : un lieu pour rien !
Avec l’association Toulouse Ouverture, To7, nous voulons rester « un lieu pour rien », sans objectif fixe, sans courir pour faire du chiffre où nous enfermerions à nouveau les personnes accueillies dans des petites cases. To7 accueille de manière inconditionnelle toutes les personnes qui franchissent la porte, quel que soit le prénom confié lors du premier accueil. L’échange de prénoms en proposant une boisson gratuite est notre moyen d’amorcer la relation avec notre hôte et poser une confiance. Puis en nous posant dans l’écoute, nous démêlons ensemble les démarches administratives, numériques ou, simplement, nous nous rencontrons, humains, en parlant, en cheminant pour discerner ensemble les lumières de vie.
