Le 13 juin 2024, au lendemain des élections européennes, l’EPUdF, par la voix de sa présidente d’alors, Emmanuelle Seyboldt, lançait un appel à résister « aux sirènes de la violence et de l’ inhumanité véhiculées par l’extrême droite et le Rassemblement national (RN) ». Dans notre région comme ailleurs, ces propos ont suscité des interrogations : l’Église doit-elle donner des consignes de vote ? Le RN est-il vraiment la seule menace pour la démocratie ? Dans le sillage de cet appel, le dossier de ce mois-ci est né d’une inquiétude exprimée en région Centre-Alpes-Rhône par certains responsables d’activités ecclésiales, celle de la montée du RN chez les paroissiens, et en particulier chez les jeunes. D’aucuns regretteront que ce numéro n’aborde pas la question des extrêmes en général. Regrettons peut-être davantage le réflexe que nous croisons parfois, consistant à stigmatiser sans comprendre. Comme tout phénomène, le vote RN s’analyse. Aujourd’hui, ce parti parvient à convaincre des personnes de tous milieux sociaux, parmi lesquelles de nombreux croyants. Les Églises doivent l’entendre. L’engagement des protestants dans la vie publique est historique et donc très loin de se limiter à cette actualité ; et dans notre région, aujourd’hui, les entraides, œuvres, les initiatives et les projets portés par les uns et les autres sont autant d’engagements et donc de confrontation au réel. Et il n’y a jamais plus efficace que le réel pour comprendre les contours et les limites d’une idéologie, quelle qu’elle soit.
