Le temps et le silence

« Un temps pour se taire et un temps pour parler. » (Ecclésiaste 3.7) Il y a donc des silences…

Au moment où ce verset biblique a été rédigé, le rapport au temps était-il le même qu’aujourd’hui ? Serions-nous aujourd’hui noyés dans un temps qui nous échappe, qui nous déborde et dans lequel nous n’arrivons plus à nous situer ?… Expulsés de nos vies ! Lorsque les relations se tendent, lorsque l’agenda déborde de rendez-vous, lorsque j’ai le sentiment de perdre mes espaces de calme et de liberté, lorsque mon environnement est trop agité, j’aime retrouver ce verset biblique qui a la vertu de me recentrer et de me rappeler à mon essentiel, rééquilibrant fragilité et force, me redonnant des espaces de liberté, sensibilité, légèreté, calme et sérénité.

 

Courir après le temps ou bien prendre le temps ?
Se noyer dans le temps ou bien poser le temps  ? Autrefois les femmes brodaient pour passer le temps… aujourd’hui elles brodent pour poser le temps. Étonnante, cette image qui nous indique ce temps qui se transforme au fil des générations ! Ce verset biblique nous indique aussi les contrastes de la vie et sa nature cyclique… Finalement ce verset est tout à fait adapté à nos vies contemporaines : dans un monde de communication omniprésente, la sagesse serait-elle de discerner ces deux moments de parole et de silence pour une écoute attentive de l’autre et de l’Autre ?
« Un temps pour se taire »… Ainsi s’invite dans nos vies le silence, où nous sentons que nous entrons dans
un autre espace-temps.

 

Un silence qui repose
Le silence nous invite à nous mettre en éveil pour écouter le gazouillis de cet oisillon, le clapotis du ruisseau, observer la nature en éveil, le battement de ce cœur fragile ou en effervescence, la variation subtile de ce  morceau de musique… tant et tant de sons tellement présents et tellement étouffés par ces bruits incessants de
nos vies.
Le silence du cœur, celui qui accompagne, celui qui caresse la douleur, celui qui touche le chagrin, ce silence qui permet d’entendre le murmure de celui qui se renferme sur lui-même, ce silence qui ouvre un espace sacré où l’âme peut se reposer, se ressourcer et nous connecter à notre être intérieur, à la sagesse divine. Un temps de silence, un temps de repos, de retraite, pour pouvoir accueillir toute cette densité de la vie. Ce silence nous enveloppe par sa seule présence, là où rien n’est à parler, pour rejoindre l’Autre lorsque nos émotions nous débordent et nos mots sont manquants.

 

Horizons ouverts
Permettons à ce silence d’exister pour être plus près, pour être là, juste présent dans le témoignage d’un amour. Écoutons et sillonnons sur un chemin de vie en gardant ouverts les horizons. Un fond imperceptible de battements de la vie qui conduit dans ce silence, le chant d’un souvenir, un désert où seuls les pas inscrits dans le sable donnent sens au mouvement.
Trouvons un équilibre pour une harmonie avec nous-même, avec l’autre et avec l’Autre… Laissons le silence glisser sur les jours et les nuits… Laissons ce silence envahir le quotidien pour laisser la place à la voix de Dieu. Chuuuttt…

 

Des cascades dans une forêt paisible
©Marie-Paule Puech

 

 

 

 

 

 

#Spiritualité

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