Même pas peur !

On a beau être une personne optimiste, pleine de projets, tournée vers l’avenir, il y a des jours où l’on ne voit pas comment traverser la forêt envahie d’épines et de ronces. Mais trois mots viennent tout changer.

Alors que j’étais gérante de ma petite entreprise, un jour où je ne discernais plus de chemin à suivre, j’ai ouvert la lettre d’une cliente qui y avait glissé, en accompagnant son courrier administratif, une amicale carte imprimée du verset : « N’aie pas peur ! » Cette injonction biblique apparaît, nous disent les encyclopédies bibliques, 365 fois dans la Bible. Reprise par le pape François, et avant lui par Robert Hossein ou Frédéric Lenoir, elle est très populaire.

 

À ce moment-là précisément, les mots « N’aie pas peur ! » firent sens pour moi, en écho à mes difficultés existentielles. Je les connaissais ces mots, mais ils n’avaient jamais eu cette résonance, cette capacité à changer mon regard, à me détourner de mes difficultés. Toutefois, ce « N’aie pas peur ! » n’aurait pas eu cet éblouissement, si de mon côté, je ne menais pas une longue analyse où patiemment, sur le divan, je faisais peu à peu voler en éclats les cailloux de calcaire de mes peurs. L’analyse m’a permis de les identifier, de les desceller, de les dissoudre, de les rendre tellement inoffensives que, bien que toujours présentes, elles ne sont plus un danger.

 

Le travail analytique, cette inconditionnelle liberté que donnent l’expérience du divan et ce diktat de la parole sans l’attente de réponse (si ce n’est la présence silencieuse de l’analyste), a circonscrit ces peurs génératrices de mort. Petit à petit, il a laissé une place libérée de ce poids. Une place élargie qui ne demandait qu’à être occupée par un autre sentiment, léger, vivant, en mouvement : l’amour. L’amour dans ses multiples dimensions. L’amour juste humain pour celui que l’on ne connaît pas et qui se présente à soi. L’amour filial. L’amour familial. Et bien sûr le plus grand, l’amour des amoureux. Ce sentiment qui nous met en situation d’acquiescement avant toute autre impulsion. Ce sentiment qui amène fluidité et respiration, amplitude et mouvement.

 

 Et puis, dans cet espace vivant et libre, j’ai imaginé que Dieu pouvait trouver sa place. Une place centrale. Une place elle aussi en mouvement, une place qui laisse d’autres places. Un Dieu auquel j’essaie maintenant d’« accéder », de donner une identité. Un Dieu que j’essaie d’appeler, de nommer. Un Dieu qui ne serait pas envahissant, omnipotent et omniprésent, mais lui aussi en mouvement. Un Dieu vivant qui se déplace, à l’écoute. Un Dieu qui réconcilie et mon temps féminin et terrestre, et ma recherche spirituelle. Mais cela est une autre histoire. C’est la continuité du parcours pour lequel la théologie du protestantisme libéral, avec la théologie du Process, me donne les poteaux indicateurs, un parcours que je n’ai pu accepter qu’après avoir entendu ce message : « N’aie pas peur ! »

 

 

 

 

 

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