La Bible en français courant

On estime qu’une version de la Bible nécessite une révision environ tous les vingt ou vingt-cinq ans : étant donné la forte diffusion de la Bible en français courant (BFC) et la date de sa dernière révision, ce chantier s’imposait.

Réviser une Bible est un travail d’équipe. Une étape capitale d’un tel projet consiste à réunir un nombre important de spécialistes qui vont procéder à la révision : chacun, chacune se voit confier un livre, parfois plusieurs, et des directives générales pour orienter la révision (un cahier des charges). L’une des forces de la Bible en français courant est d’être interconfessionnelle et internationale. Nous avons donc veillé dans le choix des réviseurs à un équilibre entre les différentes sensibilités du christianisme, incluant aussi une plus forte participation de femmes dans l’équipe, et respectant la diversité des origines géographiques et culturelles avec des réviseurs de France, de Belgique, du Canada, d’Afrique (plus précisément de République démocratique du Congo et de Côte d’Ivoire) et de Suisse.

 

 

Le cahier des charges

 

Un Comité de référence garantit les meilleures rigueur et fiabilité scientifiques dans tous les aspects du travail de révision réalisé : exégèse, linguistique, neutralité confessionnelle, mise en forme, etc. Il se compose de Roselyne Dupont-Roc, exégète catholique au Theologicum à Paris, et de Thierry Legrand, exégète protestant à Strasbourg, en plus de Valérie Duval-Poujol, théologienne protestante chargée de la coordination de la révision, et Katie Badie, qui assure le suivi pour l’Alliance biblique française.

 

Afin d’orienter le travail des réviseurs, une autre étape d’un tel chantier de révision est un « état des lieux », une écoute des appréciations et critiques des utilisateurs de cette version. Dans cette optique, un questionnaire a été envoyé à des pasteurs, prêtres, catéchètes, professeurs d’Ancien ou de Nouveau Testament des facultés de théologies francophones, aux Sociétés bibliques francophones…

 

Une nouvelle traduction pour la Bible en français courant (© rcascoherrera)

 

 

 

Définir des axes

 

Il faut adapter le vocabulaire. La langue française évolue, certains termes ne sont plus compris de la même manière, il vaut mieux en utiliser d’autres. Il ne faut pas que le mot choisi en français oriente le lecteur moderne vers un sens que le mot hébreu ou grec n’avait pas du tout. C’est par exemple le cas de l’expression « frère de race », qui devrait disparaître.

 

Il faut chercher à favoriser une traduction moins sexiste. Pour certaines expressions du texte biblique désignant les êtres humains, hommes et femmes, la traduction française « homme », qui se veut inclusive, ne semble plus appropriée. Avec l’évolution de la langue, il vaut mieux désormais trouver des expressions plus fidèles au grec ou à l’hébreu afin que la traduction soit moins sexiste.

 

 

Éviter les surinterprétations

 

Les passages où la traduction va au-delà du texte et flirte avec l’interprétation. Les traducteurs appellent ceci « la tentation de la glose », lorsqu’on ajoute des éléments pour rendre le texte plus clair, mais en prenant le risque de s’en éloigner.

 

Le travail de réécriture des introductions permet non seulement d’offrir des clés de compréhension, mais aussi de montrer la pertinence, l’actualité du texte biblique.

 

 

 

Pour aller plus loin :

 

www.lire.la-bible.net

 

 

 

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