Le marcheur n’a rien d’autre que lui-même. Son corps est sa seule force et sa seule défense. Le 12 mars 1930, lorsqu’il quitte son ashram avec quelques dizaines de disciples, c’est bien ce dont témoigne le Mahatma Gandhi. Face à l’intransigeance des Britanniques, ils se mettent en chemin pour parcourir 386 km jusqu’à l’Océan indien où ils vont recueillir quelques poignées de sel, alors taxé à l’image de la gabelle sous l’Ancien Régime. De quelques-uns au départ, ils seront plusieurs dizaines de milliers à l’arrivée. Cette Marche du sel sera le premier jalon vers l’indépendance du pays, obtenue en 1947.
De Vintimille à Calais pour protester en faveur des migrants (© Séverine Daudé)
Moyen de protestation non-violente
Largement inspiré par Gandhi et ses méthodes non-violentes, Martin Luther King utilisera également beaucoup la marche comme moyen de protestation, depuis le boycottage des bus à Montgomery, où la marche a été utilisée comme contestation d’une discrimination.
Marcher permet aussi de rallier les lieux où s’exerce le pouvoir, comme ce fut le cas lors de la Marche sur Washington en 1963 où la marche à pied a prouvé sa force médiatique, l’occupation de l’espace public faisant partie de la réussite de la mobilisation, tout autant que le célèbre discours I have a dream.
Jusqu’aux lieux de décision
Parties des lieux où s’exercent les discriminations pour aller jusqu’à Paris, c’est dans cette démarche d’un « témoignage porté » qu’ont été imaginées la Marche des Beurs à l’automne 1983 ou la Marche solidaire qui, du 30 avril au 8 juillet de cette année, rallie Vintimille à Calais et Douvres. Ce sont 1400 km, de la frontière italienne, symbolique du traitement infligé aux migrants qui tentent de la franchir, jusqu’aux lieux du pouvoir politique français, qui seront franchis par les centaines de marcheurs des différentes associations qui viennent en aide aux étrangers sur notre sol.
