On dit que partir…

Lampedusa  

Noël Colombier, dans les années 1970, a écrit une chanson sur Abraham. Le refrain commence ainsi : « on dit que « partir c’est mourir un peu », mais s’en aller pour chercher Dieu, c’est trouver la vie… ». Les images télévisuelles de ces derniers mois m’ont fait penser à ce chant. Toutes ces femmes, tous ces hommes et tous ces enfants, entassés comme les grains de sable qu’ils sont sur des bateaux bien trop petits pour les contenir, avec pour seul bagage une valise ou des sacs percés, prêts à tout et même à se noyer pour ne pas mourir, ont quitté leur pays, leurs racines, leurs traditions, leur culture, leurs biens pour chercher non pas Dieu mais l’Europe. Pour eux, vraiment, partir fut une déchirure. Pour eux, vraiment, « partir, c’était mourir un peu ». Car ces personnes ne sont pas des migrants, contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias et les politiques. Ils ne quittent pas leur pays pour des raisons économiques. Ils ne rêvent pas de faire fortune en Europe. Leur seul souci est de vivre. De survivre à la barbarie ! Celle d’un dictateur prêt à éliminer la moitié de son peuple pour se maintenir au pouvoir. Ce sont des exilés ! Et ils n’ont pas choisi de prendre le chemin de l’exil. Exactement comme autrefois le peuple d’Israël ! A des millénaires de distance, qu’est-ce que ce rapprochement a à nous dire ? Comment la Bible peut-elle interroger l’attitude que nous adoptons face aux exilés d’aujourd’hui ? Comment la figure de Ruth, par exemple, peut-elle nous enseigner ? Qu’est-ce que l’Exil à Babylone à apporter aux Juifs d’hier ? Qu’est-ce que l’exil de Jésus sur notre terre nous apprend de notre vie ? Comment vivre aujourd’hui la conviction de l’auteur de 1 Pierre, née de la persécution et de l’exil, selon laquelle « nous sommes des étrangers et des voyageurs sur cette terre » ? Laissons-nous interpeller par toutes ces questions qui constituent le dossier de ce mois. Bonne lecture et bonne rentrée.

 

 

 

 

 

#Dossiers

À la découverte des protestants en région

NEWSLETTER

Pour aller plus loin

Quand l’interculturel transforme nos paroisses
Vivre l'Église Universelle
Quand l’interculturel transforme nos paroisses
La question de l’interculturalité traverse la vie de nombreuses paroisses de l’Église protestante unie de France. Elle touche à l’essence même de ce que nous croyons être l’Église. Je propose ci-dessous quelques éléments de cette réflexion, nourris par une enquête menée dans quatre paroisses de la région parisienne et la conviction que l’Église universelle se joue d’abord ici, dans nos assemblées locales.
L’Église universelle
Vivre l'Église Universelle
L’Église universelle
Elle était au cœur des synodes régionaux en 2025, elle sera le sujet du synode national de l’EPUdF en 2026. Mais quelle est-elle cette Église universelle ? Au loin, au proche, visible ou invisible ?
Une conviction fondatrice : l’Église ne connaît pas de frontières
Vivre l'Église Universelle
Une conviction fondatrice : l’Église ne connaît pas de frontières
Dans un monde traversé par les crises, les migrations, les tensions identitaires mais aussi par des échanges toujours plus rapides, la question de l’Église universelle prend une actualité nouvelle. Que signifie aujourd’hui appartenir à une même Église au-delà des frontières culturelles, linguistiques et nationales ? Et quel rôle le Defap est-il appelé à jouer dans cette dynamique pour demain ?
Une brève histoire du DEFAP
Vivre l'Église Universelle
Une brève histoire du DEFAP
Ancêtre du Defap, la Société des missions évangéliques de Paris (Smep) naît en 1822 au sein du protestantisme français. Dès 1888, elle installe son siège au 102 boulevard Arago à Paris, dans la toute nouvelle Maison des missions où loge toujours l’actuel Defap.
L’Église de Pierre, Paul et Jean…
Vivre l'Église Universelle
L’Église de Pierre, Paul et Jean…
J’aime l’image du corps employée par l’apôtre Paul dans son épître aux Corinthiens (chapitre 12), car elle dit bien l’idée que je me fais de l’unité de l’Église. Non pas fusion mais complémentarité ou, pour le dire d’un autre mot, « communion », selon le grec koinonia. Et si cette image est pertinente à l’intérieur de chacune de nos communautés, a fortiori peut-elle l’être au niveau des différentes Églises.
L’Église protestante unie à l’international
Vivre l'Église Universelle
L’Église protestante unie à l’international
L’Église protestante unie de France entretient de nombreuses relations avec d’autres Églises en Europe et dans le monde. Une manière de vivre l’Église universelle.
S’encorder à Dieu
La montagne, un refuge à défendre
S’encorder à Dieu
Dans cette cordée d’alpinistes en route vers un sommet indéfini, la corde qui les relie tous est, selon les hommes et les écarts, lâche ou tendue. Mais qu’elle soit en tension ou pas, cette corde nous rappelle que les premières ascensions de presque tous les sommets majeurs (du mont Blanc en 1786 à l’Everest en 1953) furent des œuvres collectives.
La montagne : des réalités derrière le rêve
Dossiers
La montagne : des réalités derrière le rêve
Ancienne membre du bureau fédéral de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), Marie-Laure Tanon nous rappelle l’attractivité de la montagne, nous alerte sur ses dégradations et évoque les moyens de sa préservation.
La montagne dans la Bible
La montagne, un refuge à défendre
La montagne dans la Bible
Elle est présente presque partout ; il s’y passe un nombre incroyable d’événements fondateurs : la montagne était et demeure un lieu aux multiples facettes : sa beauté et ses dangers ; sa pureté et la désolation que l’homme peut y semer. Et si la montagne de la Bible nous apprenait quelque chose de notre aujourd’hui ?