Mission de paix en Israël et en Palestine

Dans le cadre de ses Temps forts et de son cycle « Nouveaux territoires, nouvelles frontières ? », l’Église protestantes unie de l’Albigeois a invité Bertrand Vergniol, secrétaire général du DÉFAP à témoigner sur son séjour en Palestine, et notamment à Hébron, dans le cadre du programme EAPPI.  

En liminaire, Bertrand Vergniol souligne que son intervention est bien un « problème de frontière, un problème de territoire ». C’est à la rencontre d’hommes et de femmes avec lesquels il a vécus, ceux « qui vivent dans leurs cœurs, dans leurs chairs, des combats pour des frontières » que nous a invités le conférencier. À la rencontre de Palestiniens, d’Israéliens, de colons, de soldats. Tel ce Palestinien, étudiant en littérature anglaise, habitant à Hébron et qui raconte cette la chance d’être allé à Berlin en 2011, là où il n’y pas de barrières, pas de quartier interdit, alors qu’ici, « c’est une prison à ciel ouvert ». Tel aussi cet adulte, habitant dans un camp de réfugiés construit en 1948. Pour des raisons de sécurité, l’armée israélienne a fermé certains passages. Ces barrages obligent les habitants à faire des détours invraisemblables pour se rendre en face de leurs propres domiciles. Ou encore ce colon israélien, d’origine française, vivant dans une des plus anciennes colonies des territoires occupés fondée en 1968 et qui témoigne : « Ce pays, berceau des juifs, doit être ouvert à tout le monde, j’espère qu’on arrivera à la paix si chacun fait des concessions mais pas au détriment de la sécurité ».
 

 

Disparition

 

Bertrand Vergniol s’est trouvé confronté à une autre difficulté : « Quand j’entrais dans des maisons palestiniennes, la moitié de l’humanité disparaissait. » Autrement dit : les femmes. Il a réussi à faire témoigner deux d’entre elles dont une qui lui dit : « je n’accepterai pas de me marier avec un homme qui n’accepterait pas que je travaille. Je veux créer une entreprise ici en Palestine. Travailler pour mon peuple et mon pays ».

 

Bertrand Vergniol

Bertrand Vergniol a séjourné en Palestine dans le cadre de

 

l’EAPPI

 

Présence : l’EAPPI

 

Après avoir développé une partie de son exposé sur l’histoire de « ce pays déchiré, ce pays disputé », ainsi que sur la vie quotidienne à Hébron, le conférencier a rappelé que c’est dans le cadre d’un programme du Conseil Œcuménique des Églises (EAPPI Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et Israël) qu’il a été accompagnateur œcuménique dans cette ville de novembre 2013 à janvier 2014. Ces accompagnateurs « assurent une présence attentive et bienveillante auprès des populations les plus vulnérables, exposées aux problèmes quotidiens de l’occupation. Présents aux points de passage entre les territoires et dans les lieux de tensions entre les populations palestiniennes et les colons, assurant une « présence protectrice » auprès des enfants qui vont à l’école ou auprès des hommes qui vont travailler en passant par les check-points tenus par les militaires, visitant les familles ou les villages en butte aux tracas multiples de l’occupation. Ils représentent un regard extérieur dans des situations souvent tendues et par là même constituent une présence protectrice. » Le programme a été lancé en 2002 à la suite d’un appel des Églises de Jérusalem et des organisations chrétiennes locales. Il « travaille avec des organisations israéliennes et palestiniennes à la recherche de solutions pacifiques au conflit qui déchire la région. » Et si ce programme demande la fin de l’occupation des territoires palestiniens, il n’en demeure pas moins que l’existence de l’État d’Israël n’est pas remise en cause. Ces gestes de paix, ces actions quotidiennes, dans un climat de violence entretenu par les extrémistes des deux camps, sont une lueur d’espoir dans une région qui est une véritable poudrière.

 

http://www.defap.fr/etre-envoye/eappi

 

 

 

 

 

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