La cinquantaine de conseillers presbytéraux qui s’est retrouvée à Valentigney le samedi 28 février 2026, à l’invitation du conseil régional, a dû se livrer à un exercice rigoureux de prise de conscience.
D’abord quelques chiffres : la région Est-Montbéliard a droit à 30 postes pastoraux ; dans les faits elle n’en dispose que de seize et demi et, d’un point de vue comptable, elle ne peut en salarier que onze. Les réserves financières de la région permettent de pallier le déficit, mais dans deux ou trois ans, elles ne seront plus qu’un souvenir. Il y a aussi des postes pris en charge au niveau national et, à ce niveau-là aussi, la solidarité joue pleinement. Une chose est certaine : la situation ne peut perdurer.
L’inspecteur ecclésiastique, le pasteur Marc Frédéric Muller, insiste dans son préambule sur la condition « d’étrangers et de voyageurs » des chrétiens : il n’est donc pas question de sanctuariser nos lieux de culte et nos bâtiments paroissiaux qui ne doivent pas constituer des fins ultimes. Les résultats comptables sont des faits contraignants. Toutefois, l’Église doit se rappeler sa mission spécifique. Il est attendu, notamment des conseillers presbytéraux, qu’ils dégagent de possibles marges de manœuvre ; il s’agit d’inventer d’autres manières de faire. Peut-on mobiliser la capacité financière des membres de l’Église ? La campagne financière lancée ce printemps le dira.
L’inspecteur ecclésiastique présente un projet touchant l’ancien Pays de Montbéliard et Belfort réorganisés autour de cinq pôles : Montbéliard, Audincourt, Valentigney, Héricourt et Belfort. L’éparpillement, de même qu’une logique de simple desserte, doit laisser la place à une dynamique d’ensemble. Un exemple est donné avec le projet des cultes « Viens et vois », un projet de cultes « autrement » qui devrait se déployer dans le temple de Sochaux.
Il est proposé à l’assemblée des conseillers de se lancer dans un travail de groupe et de faire remonter une série de propositions concrètes.
Un premier groupe insiste sur la nécessité de multiplier l’offre culturelle des paroisses. Un deuxième groupe s’insurge contre l’idée des cinq pôles, jugée mauvaise, car elle ne fait que masquer un simple regroupement de paroisses. Il faut penser la réorganisation sur l’ensemble de l’aire urbaine ; on évoque la notion de synergie. La vente des bâtiments n’est de loin pas un tabou, que le conseil régional ouvre la voie en vendant la Maison Pierre-Toussain. Il est d’ailleurs urgent de penser en termes d’évangélisation et de croissance de l’Église. Un troisième groupe n’hésite pas à dire qu’il n’est plus raisonnable d’organiser tous les dimanches des cultes qui ne rassemblent que quelques personnes. « Mais, s’exclame le rapporteur d’un quatrième groupe, qu’il est donc difficile de sortir de cette logique du tout va mal. » À cela, un cinquième groupe rappelle les lenteurs de l’institution attachée à une certaine stabilité. Un dernier groupe évoque plutôt les freins et les blocages : n’est-il pas nécessaire de remettre en avant la notion de conversion et de repenser l’Église en termes de conviction et de témoignage ? Le problème n’est pas tant financier que spirituel.
Le conseil régional se saisira de toutes ces propositions pour relancer le processus de discussion sur le plan régional le 30 mai prochain. Dans tous les cas, seul le synode est habilité à trancher.
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Concertation consistoire luthérien
