Une commémoration ? Non. L’éloge de l’Entraide ? Pas plus. Alors pourquoi fêter cet anniversaire ? Tout simplement pour vivre un temps de partage et de fête avec les personnes accompagnées, les salariés, les bénévoles, les sympathisants et les partenaires, mais aussi pour communiquer autour des nombreuses activités de l’Entraide et offrir un temps de réflexion sur les enjeux actuels de solidarité et de logement.
© Sabine David
La table ronde a réuni plusieurs personnalités pour débattre du problème du logement, et en particulier du logement social.
Mieux connaître l’Entraide
Au départ, l’Entraide est un groupement de membres de l’Église qui œuvrent pour les plus pauvres comme l’Évangile les y appelle, en allant à la rencontre de l’autre pour servir mais aussi pour connaître Jésus. « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Matthieu 25.35).
Accueillir et accompagner inconditionnellement la personne sans distinction de couleur, race, sexe, langue, opinion, religion, pour qu’elle reparte debout et autonome demeure la colonne vertébrale de l’Entraide. En 1965, l’Entraide se constitue en association et s’inscrit dans la cité en collaborant avec les travailleurs sociaux pour aider à obtenir des aides financières, rechercher un logement, proposer un vestiaire, de l’aide aux détenus et une animation aux jeunes dans les bidonvilles. Comme se souvient Patrick, membre de l’équipe de l’Entraide, « ce sont des après-midis mémorables de jeux, de défoulement, de rires et de cris même si nous avions parfois beaucoup de mal à “tenir” ces jeunes. C’est une expérience unique d’avoir pu confronter un univers défavorisé avec le mien, manifestement privilégié ».
Œuvrer en commun
Un engagement exigeant pour les bénévoles mais une vraie ouverture à la rencontre, avec la confrontation à la différence et la précarité de l’autre. La création du Ciat (Collectif inter association Toulouse), dans les années 1980, donne une dynamique commune aux associations de solidarité pour agir conjointement auprès des personnes les plus précaires. Puis vient le temps où chaque association évolue, se professionnalise et cherche son développement propre, renforcé par le système des appels d’offres des pouvoirs publics. L’Entraide embauche davantage de salariés pour gérer de nouveaux dispositifs à partir des années 2000, comme la gestion des nuitées hôtelières qui a aujourd’hui disparu, l’ouverture de la résidence du Faubourg Bonnefoy pour les femmes seules avec enfants, la pension de famille Raynal pour le logement et la réadaptation sociale de personnes en grande exclusion, l’accueil des réfugiés d’Orient, le projet Jeunes majeurs ou encore la gestion d’un centre d’hébergement pour les déplacés ukrainiens…
Pourquoi fêter cet anniversaire ?
Dans une société qui se revendique inclusive mais qui est de plus en plus clivante, il est important de partager des moments ensemble entre tous les acteurs de l’Entraide. Au cours de la journée d’anniversaire, 120 personnes sont passées au Vieux Temple pour découvrir des témoignages de personnes accompagnées, de salariés, de bénévoles, présentés sur un « mur de l’engagement ». Ces nombreux témoignages illustrent les apports des actions menées par l’Entraide tant pour les personnes accueillies que pour les personnes engagées dans la joie de donner et recevoir.
Une tombola, des jeux ludiques et coopératifs réalisés avec les résidents de la maison Raynal, un mur d’expression, mais aussi une pause musicale, un goûter et un cocktail ont jalonné cette journée. Les visages et la joie d’être ensemble ont été immortalisés grâce au Photomaton installé pour l’occasion.
Un temps de réflexion et d’échanges
Le début de la soirée approche et une table ronde commence. Son thème, « Le logement, facteur nécessaire d’insertion sociale, doit-il aussi être facilitateur du lien, du vivre-ensemble et d’entraide ? », réunit un bailleur social, un anthropologue, une psychologue ; deux travailleuses sociales de l’Entraide et un théologien ont échangé sur les réalités difficiles de la question du logement. Comme le souligne Thalès Dutra Araujo, pasteur à Toulouse, « loger n’est pas habiter, un logement est un lieu d’existence où la personne va devenir quelqu’un qui va pouvoir accueillir ». « Accueillir » pourrait être le mot de conclusion de cette belle journée où chacun s’est senti, précisément, accueilli.
Pour plus d’informations sur nos activités et les festivités, retrouvez-nous sur le site : www.entraideprotestantetoulouse.fr
