Cela, en dépit d’un contexte difficile : le nombre des actifs diminue au même titre que celui des pasteurs. Les uns et les autres ne peuvent « tout faire », au risque de s’épuiser et de se décourager. Parmi les solutions recherchées, la création d’un ministère de diacre proposé à l’expérimentation, rémunéré après deux ans de formation en alternance.
Rapidement, des réflexions – dont les miennes – se bousculent : on n’a pas les moyens de payer des pasteurs, les contributions sont en baisse… Est-ce à dire que nous envisageons un fonctionnement à coût réduit ? S’agit-il d’un ministère… demi-pasteurisé ? Rémunérera-t-on quelqu’un pour le service assuré jusqu’à présent par des bénévoles dévoués ?
Plutôt Marthe que Marie
Alors que le ministère pastoral s’exerce sur la double dimension verticale (la transcendance, la Parole) et horizontale (la transmission, l’unité de l’assemblée des membres de l’association cultuelle), le ministère de diacre est un ministère de service. Donc plutôt Marthe que Marie. Vous savez, celle qui s’agite et s’inquiète pour que la rencontre avec Jésus puisse avoir lieu dans de bonnes conditions.
Ce ministère de service n’a pas pour objectif de prendre la place de l’existant au sein d’une communauté ; il vise à répondre à un besoin défini par celle-ci, besoin auquel elle-même ne parvient pas à répondre, par manque de temps, de compétence, de motivation.
Prenons l’exemple du troisième point suggéré dans l’encadré : animation des enfants, catéchèse, jeunes… Cette question essentielle pour la vie future d’une paroisse est souvent délicate. Non pas que les enfants aient disparu de la sphère géographique, mais nouer contact avec les parents, les rencontrer, les motiver, rassembler, accueillir, animer, est chronophage et énergivore. Peu se sentent disponibles et armés pour une telle aventure.
Pourquoi ne pas envisager de confier ce ministère à un diacre ? Cela demande aux associations cultuelles de réfléchir non plus à leurs priorités mais à leur projet de vie. Cette perspective leur donne les moyens de rêver le futur de leur paroisse, hors du vêtement étroit de leur présent. Telle est mon interprétation de ce ministère proposé à l’expérimentation. Et dans la perspective très protestante d’une ecclesia reformata semper reformanda, cette proposition, in fine, me semble être une clé qui permettrait d’y parvenir ! Bien sûr, des questions pratiques resteraient à résoudre. Mais une clé n’est pas la solution : elle est le moyen qu’on se donne pour ouvrir sur un futur que l’on construit. Un moyen parmi d’autres pour que nous puissions vivre le partage de la Parole et de notre Louange.
