Si cette addiction peut endommager gravement la santé mentale des utilisateurs, ses effets sont tout aussi préoccupants sur le plan collectif. Elle est en effet à l’origine de ce que le sociologue David Le Breton appelle « la société spectrale », cette juxtaposition d’individus continuellement absorbés par leur téléphone et leurs réseaux, pour guetter le like ou le post qu’ils pourront liker en retour. Le danger est qu’à force de vampirisation par le mode de communication facile des réseaux, les utilisateurs finissent par trouver la vie réelle bien trop exigeante et compliquée pour s’y engager. Paradoxalement, ces réseaux dits « sociaux » peuvent contribuer de plusieurs façons à accentuer l’isolement.
C’est précisément ce contre quoi se battent les paroisses de notre région, en faisant un tout autre usage de la technologie, que d’aucuns diraient sans doute suranné. Des dispositifs très simples sont utilisés pour maintenir un lien entre les gens, surtout dans les paroisses sans pasteur. La technologie n’est-elle pas ici remise à sa juste place, celle qui se limite à faciliter le lien entre humains, sans faire des relations une marchandise comme une autre ?
