En juillet 2022, la Coordination nationale Évangélisation et Formation a proposé un week-end « Église de témoins » ouvert à toutes les paroisses cherchant à survivre, ce qui était le cas du Comminges. J’y ai beaucoup appris, notamment auprès du pasteur Christian Tanon qui m’a motivée et m’a donné beaucoup d’espoir. Après la période du Covid, à une époque où on ne pouvait toujours pas se réunir, nous avons organisé des études bibliques par téléphone. Ce qui était envisagé comme une solution temporaire est devenu un rendez-vous régulier. La date et l’horaire étaient fixés en fonction des disponibilités de
la pasteure Emmanuelle Mouyon, de Toulouse, et de celles des participants que je contactais. Une fois le rendez-vous fixé, Emmanuelle présentait une étude biblique de 45 minutes par téléphone. Nous n’utilisions ni vidéo ni réseaux sociaux, car certains de nos participants sont âgés et mal à l’aise avec la technologie.
Le simple fait d’entendre les voix des autres a été vraiment très apprécié des gens : à la campagne, nous ne nous voyons pas souvent et ces séances nous ont permis de maintenir un lien. Bien sûr, cela demande de l’investissement : il faut écrire aux gens, envoyer un e-mail de rappel, régler les problèmes techniques (fréquents), s’assurer que tout le monde a bien reçu le texte,
etc. Ici, nous faisons face à beaucoup d’isolement : les gens restent devant leur télé, leur ordinateur, il n’y a plus de lien social. Alors, même si entre temps nous avons accueilli de nouveaux paroissiens qui ne connaissaient pas notre histoire et se montraient sceptiques face à cette initiative, nous avons défendu notre position. Si on peut faire plaisir à ne serait-ce qu’une seule personne, alors cela vaut la peine de le faire.
Ruth Boissenin, responsable de l’ecclésiole du Comminges
