
L’été est souvent propice aux pas de côté. Rythme différent, parfois déplacement vers d’autres lieux que celui de son quotidien, propositions de ressourcement, découverte de nouvelles personnes, autant d’occasions de regarder la vie autrement et de se reconnecter à l’essentiel.
Dans les évangiles, Jésus est très souvent en route. Il parcourt les campagnes, traverse les villes, rencontre des personnes de tous milieux et de toutes origines. Il fait un pas de côté vers celles et ceux qui sont sur le bord du chemin. Il s’arrête pour les écouter, leur parler, leur donner un espace de vie, leur redonner espérance. Régulièrement, il se met lui-même à l’écart pour se reposer, prier, retrouver des forces ; il n’oublie pas le monde qui l’entoure et ses douleurs mais se nourrit de la présence de Dieu pour mieux partager avec les autres. Au matin de Pâques, il fait un pas de côté hors du tombeau et appelle ses disciples à le suivre dans la vie. À faire eux-mêmes ce pas de côté. La foi est un pas de côté, un espace qui permet de se poser, une pause qui ressource, une rencontre qui renouvelle, une force pour aimer.
Prendre le temps de ce pas de côté est essentiel : s’arrêter dans un lieu de culte pour faire silence, participer au culte d’une communauté qui vit l’Évangile, plonger dans la Bible et sa multitude d’histoires qui croisent notre propre histoire, poser des gestes de partage. La foi est le pas de côté qui nous permet de ne pas passer à côté de notre vie. L’été est propice à cela mais, en Église, c’est toute l’année que cela nous est offert.
Comme l’a magnifiquement écrit Christian Bobin, « rien n’est perdu, rien ne sera jamais perdu. Le plus intéressant est de chercher les voies anciennes qui peuvent nous ramener à nous-même : calme, silence, beauté, poème, attention à l’autre. Je ne m’oppose pas au monde mais je préfère les pas de côté, les chemins de traverse ».
