Les référents départementaux du protestantisme: une question politique

La loi du 24 août 2021 affirme la volonté de l’État d’un dialogue plus étroit avec les représentants des cultes. Le référent départemental du protestantisme, désigné par la Fédération protestante de France, représente le protestantisme auprès des pouvoirs publics.

Une fonction créée à la demande de l’État

Deux événements majeurs se sont produits à partir de 2020, en France : la crise sanitaire liée au Covid 19 et les travaux parlementaires autour de ce qui allait devenir la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes républicains (CRPR).

 

Face à l’ensemble des bouleversements et défis que ces travaux ont engendrés, les autorités de l’État – principalement les préfets de nombreux départements, dans l’ensemble des territoires –, ont cherché à échanger avec les différentes autorités religieuses locales. Autant du côté catholique l’évêque était clairement identifié, autant du côté protestant, cela s’est avéré beaucoup plus complexe. Ainsi, la demande de l’État auprès de la Fédération protestante de France (FPF) a été que soit mis en place un réseau départemental de référents du protestantisme, nommés par la FPF, clairement identifiés et chargés de représenter l’ensemble des acteurs du protestantisme (Églises, œuvres et aumôneries) localement.

 

Cette mission m’a été confiée par la FPF de 2022 à 2025. Elle a consisté à dresser avant tout un état des lieux du protestantisme dans chaque département dans l’ensemble du territoire national, puis à solliciter les acteurs nationaux (Églises, FEP et aumôneries) et locaux (pastorales) afin de trouver « la perle rare » pour chaque département.

 

Au niveau national et local, un travail s’est aussi effectué en lien avec les acteurs du Conseil national des évangéliques de France (Cnef ), afin de coordonner cette représentation départementale, car le Cnef a mis en place depuis sa création un réseau national de délégués départementaux.

 

À ce jour, 71 départements du territoire sont pourvus et disposent d’un référent départemental du protestantisme.

 

Pasteur Thierry André
Chargé du développement territorial à la FPF (2022-2025)
Aumônier protestant aux armées

La loi du 24 août 2021 : un contrôle accru de l’exercice des cultes

La loi du 24 août 2021, dite aussi « loi contre le séparatisme », a été votée dans le contexte de la polémique au sujet du financement de la mosquée Eyyub Sultan à Strasbourg, un projet porté par une fédération membre du Conseil français du culte musulman qui avait refusé de signer la charte des principes pour l’islam de France. Parmi les différents objectifs de cette loi figure un contrôle plus strict des associations cultuelles et des lieux de culte, notamment sur le plan financier. La loi prévoit que les associations cultuelles se déclarent auprès du préfet tous les cinq ans. Elles ont l’obligation de déclarer les dons étrangers de plus de 10 000 euros ainsi que la cession de lieux de culte à un État étranger. L’un des objectifs de la loi étant de prévenir l’apparition de courants radicaux, le texte prévoit des sanctions pour tout ministre du culte ayant tenu des propos outrageants ou diffamants envers une personne exerçant un service public ou ayant remis en cause ou contesté les lois de la République, pour toute personne appelant à la discrimination, à la haine ou à la violence dans un lieu de culte ou à proximité, pour toute pression exercée sur une personne pour la contraindre à pratiquer ou à s’abstenir de pratiquer un culte.

Le rôle du référent départemental de la FPF

Le référent départemental de la FPF se doit de connaître les différentes communautés et œuvres protestantes de son département, celles qui sont membres de la FPF comme celles du Cnef et les autres unions d’Églises (ou Églises individuelles). Les relations avec le préfet, le président du Conseil départemental, les députés, les sénateurs et les maires des préfectures et sous-préfectures sont précieuses et utiles dans certaines situations (périodes de crise, démarches administratives, conférence, etc.). Participer aux relations œcuméniques et interreligieuses est un atout. Cela permet, pour nos interlocuteurs, de situer le référent départemental comme un acteur du lien entre les communautés religieuses.

 

Dans les grandes villes, il peut exister un pôle local de la FPF. Dans ce cas, une équipe entoure le président qui assure ce rôle de référent auprès des pouvoirs publics. Le fait de répondre à des invitations et de participer aux cérémonies (vœux, 8-Mai) est une façon simple de se faire connaître et de représenter le protestantisme au sein de son département.

 

Il est nécessaire de faire un minimum de communication : carte de vœux, invitation à un culte de la cité, culte du souvenir (11-Novembre), vernissage d’une exposition, etc. Cependant, le mode de désignation de ce référent me paraît en décalage avec le principe de fonctionnement de nos communautés qui prônent plutôt la responsabilité des Églises locales et des pastorales locales. Pourquoi ne pas faire confiance aux structures locales ou régionales qui ont une bonne connaissance du terrain et du profil des personnes les plus représentatives ? Dans tous les cas, c’est le terrain qui commande. Il est évident qu’une personne active localement et disposant d’un réseau de connaissances large sera plus crédible qu’un référent parachuté depuis Paris.

 

Pasteur Stéphane Rémy
Fondateur du pôle FPF toulousain en 2010 et référent départemental
Aumônier militaire protestant

 

Depuis 33 ans, Stéphane Rémy exerce un ministère d’aumônier militaire, envoyé par l’Église réformée puis l’Église protestante unie, et rattaché à la Fédération protestante. En 2010, il a participé à la création du Pôle fédératif de Toulouse et a exercé la présidence. De 2012 à 2017, en tant qu’aumônier en chef, il a été intégré au sein de la FPF comme chef de service. De retour dans le Sud-Ouest, il réside désormais à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, et a noué différents contacts qui lui permettent de faire rayonner le protestantisme au sein de son département.

Les référents départementaux du protestantisme dans votre région

Ariège (09) :   Katharina Schaëchl (EPUdF)

Aveyron (12) :  Fabrice Aubertin (ERNC)

Cantal (15) :   Christian Ruel (EPUdF)

Corrèze (19) :   Colette Chanas-Gobert (EPUdF)

Dordogne (24) :  Andrew Rossiter (EPUdF)

Haute-Garonne (31) :   Didier Bernis (ERNC)

Gers (32) :  Jean-Marc Potenti (ERNC)

Gironde (33) :  Paul Brandao (Église Parole de vie)

Landes (40) :    Antoine Da Silva (UEEMF)

Lot (46) :   pas de référent pour l’instant

Lot-et-Garonne (47) :  Céline Viguié (EPUdF)

Pyrénées- Atlantiques (64) :  pas de référent pour l’instant

Hautes-Pyrénées (65) :  pas de référent pour l’instant

Pyrénées-Orientales (66) :  Michaël Demange (FEEBF)

Tarn (81) :  Pierre Luc Rivière (EPUdF)

Tarn-et-Garonne (82) :  Véronique Techer-Joliez (EPUdF)

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