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Le pain et le vin sont les humbles ambassadeurs de la Création tout entière
Le pain est la nourriture qui soutient la vie ; le vin est ce fruit de la vigne qui « réjouit le cœur de l’homme » (Psaume 104.15). Tous deux portent en eux le travail de la terre, la patience des saisons et le labeur des femmes et des hommes. Tous deux sont des dons de la Création que le Christ reçoit pour en faire les signes de l’Alliance nouvelle.
À la Sainte cène, le vin n’est pas célébré pour lui-même. Dans la coupe partagée, il reçoit une dignité nouvelle : il devient le signe du don que le Christ fait de sa vie, jusqu’au bout de l’amour. Ainsi, le fruit de la vigne devient le témoin de la grâce offerte et de la communion que Dieu veut établir avec son peuple.
Dès lors, il est beau que le pain soit bon et que le vin soit bon. Non par goût du luxe ou du raffinement, mais parce ce qui est offert à Dieu est appelé à exprimer notre reconnaissance. Le meilleur de la terre, des champs et des vignes devient ainsi le langage discret de notre gratitude envers Celui qui nous donne tout.
À la table de la Sainte cène, rien n’est insignifiant. Le pain et le vin sont les humbles ambassadeurs de la Création tout entière. En eux, la terre rend grâce à son Créateur, et Dieu fait de ces dons les signes vivants de sa présence. Le Christ a voulu que le salut passe par des réalités aussi simples que le pain rompu et la coupe partagée. La grâce ne méprise pas la matière ; elle la transfigure. C’est pourquoi nous recevons avec reconnaissance un pain digne d’être partagé et un vin digne d’être versé, déjà tournés vers le banquet du Royaume auquel le Christ convie toute l’humanité pour une alliance nouvelle.
Nous n’oublions pas celles et ceux qui, pour des raisons de santé, de traitement ou de choix personnel, ne peuvent ou ne souhaitent pas boire de vin. C’est pourquoi le même soin est apporté au choix d’un jus de raisin de grande qualité. Car l’amour que nous portons aux signes de la grâce s’exprime aussi dans le soin que nous portons à celles et ceux qui les reçoivent. À la table du Seigneur, chacun est accueilli avec la même dignité, la même attention et la même sollicitude.
