Ce livre n’est pourtant pas seulement un témoignage sur la mission de l’aumônier mais une méditation, nourrie de sa formation en théologie, sur la rencontre telle qu’elle se produit en milieu hospitalier. L’autrice a choisi une forme qui pourra surprendre les lecteurs non familiers de ses ouvrages : la prose poétique. Celle-ci se déploie lentement pour inviter le lecteur à s’attarder sur une idée, un fragment – il faut souligner le remarquable sens de la formule de Marie-Laure Choplin qui concentre en quelques mots des expériences pétries d’années de pratique – sans rien imposer. Porté par le rythme propre du livre et la concision d’une langue qui évoque souvent l’art du haïku, on chemine à ses côtés dans une réflexion qui ne passe pas à côté de questions majeures. Où commence l’emprise, la domination ? Comment trouver le juste équilibre entre l’empathie et la nécessaire distance ? Un livre pudique et qui dit néanmoins beaucoup de ce qui se passe entre un patient et un aumônier, entre deux êtres humains, dans une chambre d’hôpital.
Il arrive que quelqu’un vienne, Marie-Laure Choplin, Labor et fides, 2026, 224 p., 18 €
