Les hôpitaux sont des lieux où l’on croise tant de gens pleins de larmes : les malades, bien sûr, leurs proches, mais aussi les soignants, qui eux oscillent entre la colère et le chagrin, se sentant parfois privés des moyens de faire leur travail correctement.
Parler à un parent ou à un ami malade pour l’apaiser, maintenir le contact avec ses proches lorsqu’on se sait très malade, annoncer de mauvaises nouvelles à un patient ou à sa famille, sont autant de délicatesses qui excluent de secouer quelqu’un.
Dans ces échanges intervient parfois l’aumônier, partenaire discret mais attentif. Il est parfois la seule personne rendant visite à un patient, la seule à écouter, la dernière présence, parfois jusqu’au décès de la personne qui se sera confiée à lui. Confiée, pas seulement parce qu’elle lui aura fait des confidences, mais parce qu’elle lui aura accordée sa confiance, comme si elle s’était remise entre ses mains.
C’est une immense responsabilité qu’assument les aumôniers, toujours avec une conscience aiguë de leur mission singulière. À l’occasion de ce numéro de novembre, nous entrons un peu dans ce qui fait l’unicité de leur tâche. Et parce que la loi relative à la fin de vie promulguée en août dernier réinterroge parfois leur rôle auprès des personnes accompagnées, nos pages régionales évoquent aussi cette question, qui ne manque pas d’interpeller.
Beaucoup de gens connaissent cette citation d’un auteur totalement entré dans l’oubli, Henri Calet.
